LE SUICIDE ET LES TENTATIVES DE SUICIDE

Il y a dans la vie des situations et des circonstances qui amènent certains à faire des tentatives de suicide.  Parfois ça passe de la tentative à l’acte.  Les raisons qui poussent au suicide sont multiples et diverses.  Aucune tentative ne ressemble à une autre.  Globalement la tentative de suicide est une réaction au mal-être et au mal-vivre.  Très souvent, la lecture que nous faisons des évènements qui surgissent dans nos vies, nous rend heureux ou malheureux.  Il peut arriver qu’on puisse croire ou penser que la vie n’a plus de sens.  Pour certains qui se trouvent dans la douleur, dans la souffrance, dans la déception, dans un fort sentiment de trahison,… la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue.  La vie serait absurde.  Elle serait un non-sens, un contre-sens.  Du coup on peut décider de la « foutre en l’air ».  Une décision gravissime bien sûr, mais une tentative de réponse à des situations souvent complexes. La personne qui tente de se suicider recherche la paix avec soi-même, avec son corps, avec son voisinage, avec sa conscience.  Elle tente de fuir la douleur, la souffrance, la peine, …  Nous avons tous tendance à admettre que notre vie est un échec si certains objectifs considérés comme vitaux ne sont pas atteints.  Réussir sa vie serait synonyme de vivre en parvenant toujours à surmonter ou  contourner avec sagesse les divers obstacles qui se présentent devant nous. La culture nous imprègnent dès le jeune âge des stéréotypes qui nous définissent, alimentent nos fantasmes, orientent nos choix fondamentaux et nous façonnent.  Face aux inévitables impasses, nous oublions de penser qu’avant nous, il y a eu des personnes qui ont su faire face à des situations identiques et qui sont parvenues à les dépasser.  Pour les personnes limitées, le piège mental est celui de penser qu’il y a des situations sans issues. Qui pourrait prétendre n’avoir jamais fait face à la trahison, à la déception, à l’humiliation, à l’arrogance, au vol, au mensonge, à la violence,… ?  Chacun de nous porte en lui des traces des clous qui nous ont été enfoncés à un moment quelconque de notre vie par nos parents, nos amis, nos collègues, nos partenaires sentimentaux, et même des personnes à qui nous avons apporté assistance à un moment difficile de leur vie. Est-il possible d’être soi-même et de faire plaisir à tout le monde ?  Certainement non.  Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, nous allons toujours plaire aux uns et déplaire aux autres.  Nos amis d’aujourd’hui peuvent demain devenir nos « ennemis ».  Les interactions sociales sont souvent conditionnées par le profit, le plaisir, la fuite de la solitude, la recherche du pouvoir, le calcul, et de temps en temps par l’amour.  Ces bases fragiles font que les relations interpersonnelles sont souvent superficielles et soumises aux aléas.  Il faut s’y attendre d’une manière ou une autre.  Il ne faut pas être dupe.  Le sentiment d’échec personnel et de culpabilité que nous éprouvons face à l’aboutissement des liens mal tissés n’est qu’une vue de l’esprit.  Croire qu’on déçoit tout le monde ou qu’on ne compte plus pour personne, c’est réduire la réussite à l’approbation des autres.  La majorité n’a pas nécessairement raison.  C’est cela aussi un piège de la culture démocratique.  Etre soi-même peut vouloir dire assumer sa différence, ses opinions,… malgré les railleries.  Les écologistes qui étaient incompris hier ont fait preuve d’opiniâtreté pour continuer à dire au monde entier qu’il fallait protéger la nature.  Le suicide n’est pas un acte de courage.  Il est plutôt l’expression du désespoir, du sentiment d’impuissance. Dans certains cas, il traduit la tristesse, la mélancolie, la dépendance émotionnelle, l’absence d’autonomie psychique, la difficulté à supporter la douleur physique ou psychique.  Il est une fuite en avant face aux incompréhensions, aux contradictions, aux humiliations, aux provocations, aux mensonges, aux trahisons, etc.  Le suicidaire est celui qui pense que la mort reste la seule issue à son mal-vivre.  Il n’y a plus rien à faire…Il y a d’autres manières plus subtiles de se suicider.  On décide, consciemment ou inconsciemment,  de s’isoler, de se retirer, d’abandonner ses activités associatives ou culturistes.  Il y en a qui s’interdisent de faire des projets donc de se projeter dans l’avenir.  On peut aussi se lancer dans la consommation abusive de l’alcool, du tabac, des drogues, des médicaments, des aphrodisiaques et du sexe.On peut aussi décider de se laisser aller : on mange en désordre pour se retrouver en situation de boulimie, on fait des fugues, on néglige les études, on se fait disciple d’un gourou spirituel qui nous dicte désormais nos comportements.  On s’intoxique psychiquement des pensées dévalorisantes du genre : « je suis un raté, je porte la malchance, je suis une calamité, je suis victime d’un fusil nocturne ou d’un mauvais sort, personne ne m’aime,… »

Ceux qui tentent de se suicider ne sont pas tous des malades mentaux.  Ce sont des amis qui font face à des problèmes psychologiques ou psychiques.  Ils sont simplement fatigués, angoissés, stressés.  Ils dépriment et ne savent pas comment s’en sortir par d’autres moyens auxquels ils ne pensent pas à priori…  Ils se retrouvent seuls dans leur souffrance.  Il leur manque une oreille attentive dans laquelle déverser leurs anxiétés et misères…

Pour lutter contre les tentatives de suicide, il faut avoir des personnes formées  pour écouter dans l’anonymat et dans une relation de confiance, toutes les personnes seules, les alcooliques, les toxicomanes, les chômeurs sentimentaux, les déçus de la vie, les déprimés, les insomniaques, les victimes de violences, les surchargés ou surmenés, et tous ceux qui sentent se moroses et  pensent mettre fin à leurs jours ou ont décidé de le faire.  Ce travail permettrait  de rompre le mur du silence derrière lequel se cachent ces souffrances, d’écouter les personnes en détresse et de les aider à exprimer leur mal de vivre. Pour atteindre cet objectif, il n’est pas nécessaire de porter de jugement moral sur le suicide, le suicidaire ou les circonstances qui les y amènent.  Le plus important est d’écouter, d’accompagner, de faire des propositions, d’indiquer  des pistes pour se relever et faire face aux incohérences de l’existence.

Jean KAZADI      conseilsgratuits@gmail.com     https://conseilsgratuits.wordpress.com/

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