face à la pédophilie chez les prêtres

Père Dominique HÉLOU

Face aux scandales de pédophilie qui touchent certains membres du clergé de l’Église catholique, la première chose à faire est de les comprendre à la lumière de notre foi chrétienne. Avant de choisir ses premiers disciples, Jésus passa la nuit à prier. En ce temps-là, il avait beaucoup de gens qui le suivaient. Dans la prière, il parla au Père de ceux qu’il devait choisir comme apôtres.

Et malgré cela, l’un d’entre eux fut un traître. L’un des douze, l’un de ceux qui avaient suivi le Seigneur, à qui Jésus avait lavé les pieds ; l’un de ceux qui l’avaient vu marcher sur les eaux, ressusciter les morts et pardonner les péchés, a trahi le Seigneur. Jésus avait choisi Judas non pas pour qu’il le trahisse, mais pour qu’il soit son témoin comme tous les autres. Mais Judas utilisa sa liberté pour permettre à Satan d’entrer en lui et sa trahison a entraîné la crucifixion du Christ.

Parfois, les élus de Dieu le trahissent. C’est un fait que nous devons assumer. Si les membres de l’Église primitive s’étaient uniquement centrés sur le scandale causé par Judas, l’Église aurait cessé d’exister avant même de commencer à croître. L’Église a compris que l’on ne jugeait pas son message par ceux qui ne le vivent pas, mais par ceux qui le vivent. Au lieu de se centrer sur celui qui avait trahi le Christ, ils se sont centrés sur les onze autres qui, par leur prédication et leur travail, ont permis que nous soyons chrétiens aujourd’hui.

Nous sommes confrontés actuellement au même problème. Nous pouvons nous centrer sur ceux qui trahissent le Seigneur ou focaliser sur ceux qui demeurent fidèles au Seigneur et qui sont infiniment plus nombreux. Ces derniers, évidemment, n’intéressent pas les médias. L’histoire de l’Église est parsemée de clair-obscur. À des époques où la hiérarchie était au plus bas, Dieu a suscité des saints extraordinaires qui ont su remettre l’Église à flot. En pleine réforme, saint François de Sales, au péril de sa vie, parcourut la Suisse, prêchant l’Évangile avec vérité et amour. Devant ceux qui se scandalisaient de l’attitude de certains prêtres, il disait : « Ceux qui commettent ce type de scandale sont coupables du point de vue spirituel d’un assassinat, détruisant la foi d’autres personnes en Dieu par leur mauvais exemple ; mais je suis ici parmi vous pour vous éviter un mal encore pire. Tandis que ceux qui causent le scandale sont coupables d’assassinat spirituel, ceux qui permettent que ces scandales détruisent leur foi sont coupables de suicide spirituel, en abandonnant la source de vie que sont les sacrements, en particulier l’eucharistie. »

Saint François d’Assise, qui vécut en des temps particulièrement difficiles d’immoralité terrible en Italie centrale, répondit un jour à l’un de ses frères touché par les scandales qui lui avait dit : « Frère François, que feriez-vous si vous saviez que le prêtre qui est en train de célébrer une messe à laquelle vous êtes en train d’assister a trois concubines à ses côtés ? » Réponse : « Lorsque viendra le moment de la sainte communion, j’irai recevoir le Corps très saint de mon Seigneur des mains consacrées du prêtre. »

Par cette réplique, il a voulu expliquer clairement que les sacrements ne dépendent pas de la qualité du ministre. De même qu’un médecin cancéreux peut parfaitement donner le remède opportun à ses patients même s’il est personnellement atteint d’un mal plus grand. Le Christ continue à agir à travers le plus pécheur des prêtres et heureusement qu’il le fait. Les prêtres sont choisis par Dieu parmi les hommes et sont tentés comme n’importe quelle personne. Judas a pu expulser les démons et guérir les malades bien que ses dispositions n’étaient pas des plus droites.

Bien sûr l’Église doit travailler mieux à la sélection des candidats au sacerdoce, mais cela ne suffit pas. Elle doit être plus ferme quant aux cas qui se présentent et s’occuper des victimes, certes, mais cela ne suffit pas. L’unique réponse adéquate à ce terrible scandale, l’unique réponse authentiquement catholique à ce scandale, est la sainteté. Toutes ces crises qu’affronte l’Église sont une crise de sainteté. La sainteté est cruciale, parce qu’elle est le visage authentique de l’Église. Combien de personnes qui trouvent des excuses à leur tiédeur et à leur négligence, et qui commettent donc un suicide spirituel sous prétexte qu’un prêtre, un religieux ou une religieuse a eu un comportement inacceptable.

Les Béatitudes sont une recette pour la sainteté. Tout le monde est appelé à être saint, pas seulement les prêtres, les religieux et les religieuses. Les scandales doivent être un stimulant pour que nous aspirions de toutes nos forces à la sainteté. C’est une époque où peut s’appliquer la Béatitude : « « Heureux serez-vous lorsqu’on vous insulte, l’on vous persécute et l’on dit toutes sortes de choses fausses contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous car votre récompense sera grande dans les cieux. »

De nos jours, il faut nager à contre-courant et c’est un grand moment pour être témoin du Christ. Que notre seule fierté soit la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous dit saint Paul. Quelques personnes prédisent que l’Église va passer des temps difficiles, mais ayons confiance, l’Église survivra ; elle a la garantie du Christ. Un jour Napoléon, au sommet de sa gloire, s’adressa au cardinal Consalvi en disant : « Je vais détruire votre Église. » Le cardinal répliqua : « Non, vous ne le pourrez pas. » Napoléon reprit, offusqué, du haut de ses 1 m. 50 : « Je vous le dis, je vais détruire votre Église. » Le cardinal dit avec un sourire : « Non, vous ne le pourrez pas. Nous-mêmes, nous n’y avons pas réussi. »

Si les mauvais papes, les prêtres infidèles et les milliers de pécheurs dans l’Église n’ont pas réussi à la détruire de l’intérieur, personne ne pourra le faire, car le Christ a promis que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. La barque de Pierre ne sombre pas. Si vous vous méfiez des prêtres à cause des scandales, ne perdez jamais la confiance dans le Seigneur. Il s’agit de Son Église. Judas a été remplacé et l’Église a poursuivi son chemin et sa mission. Alors, concentrons-nous sur la sainteté. Voici la clé et le remède à tous les maux. Des grands maux, Dieu tire un bien encore plus grand. Compensons par notre amour le manque d’amour que nous constatons chez les autres. Il est temps que les vrais hommes et les vraies femmes de l’Église se manifestent. Il est temps de prendre résolument le chemin de la sainteté. Alors, à nous de jouer.

Père Dominique HÉLOU

LE BONHEUR

On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s’être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre…Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l’on sera mieux quand ils le seront.

On est alors convaincu que l’on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.

 On se dit aussi que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite…

La vérité est qu’il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que le  moment présent.

Si ce n’est pas maintenant, quand serait-ce?

La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l’admettre et de décider d’être heureux maintenant  qu’il est encore temps.

Pendant longtemps, j’ai pensé que ma vie allait enfin commencer, ‘ La Vraie  Vie! ‘. Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu’il fallait résoudre en premier, un thème non terminé, un temps à passer, une  dette à payer. Et alors la vie allait commencer ! ! ! ! Jusqu’à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma  vie.

Cette perspective m’a aidé à comprendre qu’il n’y a pas un chemin qui mène  au bonheur. Le bonheur est le chemin. Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore : quand on partage ce moment avec quelqu’un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps et, que l’on se rappelle que le temps n’attend pas.

Alors, il faut arrêter d’attendre de terminer ses études, d’augmenter son salaire, de se marier, d’avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l’été, l’automne ou l’hiver, pour décider qu’il n’y a pas de meilleur  moment que maintenant pour être heureux.

LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION !  

Il n’en faut pas beaucoup pour être heureux. Il suffit juste d’apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l’un des meilleurs moments de sa vie.

La source de ce poème est inconnue.

QUEL RISQUE PEUT-ON PRENDRE AU NOM DE DIEU ?

(ou) Doit-on au nom de la foi prendre n’importe quel risque ?

Un dimanche matin pendant la messe, une assemblée de 999 membres était très étonnée de voir deux hommes vêtus de noir de la tête aux pieds entrer dans l’église avec des armes automatiques.
                                     
L’un des hommes dit à haute voix : « Que celui qui est prêt à se prendre une balle pour Christ reste à sa place. »   Immédiatement, la chorale a pris la fuite…  Les diacres ont pris la fuite…  Et une majorité de l’assemblée a pris la fuite…

Finalement, il n’en reste plus qu’une vingtaine.   L’homme qui avait parlé retira sa capuche… Puis il regarda le prêtre et dit : « Bonjour mon père, je me suis débarrassé de tous les hypocrites… maintenant vous pouvez continuer votre culte. Passez une bonne journée ! » 
 
Et les deux hommes se retournèrent, sortirent et s’enfuirent avant l’arrivée de la Police.

 (Auteur inconnu)

 QUEL  EST  VOTRE  AVIS ?

 Est-ce que ceux qui ont fui ont eu raison ou tort ?  Pourquoi ?

Est-ce que ceux qui sont restés ont eu raison de ne pas fuir ?  Pourquoi ?

Quels sont les critères qui permettraient d’évaluer objectivement les éléments constitutifs d’un risque que l’on prendrait avec RAISON au nom de Dieu ?

Quels problèmes soulèvent cette histoire ?

HOMMAGE A VIVIANE Ayaba Tchotcho ACAKPO-ADDRA

 Lettre confidentielle de remerciement

A

Viviane Ayaba Tchotcho ACAKPO-ADDRA

Rappelée à Dieu le Lundi 31 août 2009

 Lettre rendue publique à Lomé le 19 septembre 2009,

En l’Eglise Marie Reine de Lomé,

 Chère Viviane,  Très chère Vivi,

 Tu  repars comme tu es arrivée.  Dans le secret, dans l’intimité de Dieu.  Tu emportes avec toi tes questions, tes soucis, tes souffrances, tes doutes et interrogations sur le sens de la vie..  Surpris, notre réflexion est débordée par un profond sentiment d’impuissance et d’incompréhension.

 Ta disparition inattendue nous interroge, nous interpelle et nous bouscule dans nos certitudes, dans nos évidences, dans nos habitudes, dans nos routines, dans nos prétentions, et par surcroît, dans notre capacité d’être attentif et attentionné.

 L’annonce de ta mort a eu partout et surtout dans nos cœurs, l’effet d’une bombe jetée aux heures de pointe dans un grand marché. Avec Saint Paul, nous osons te dire, rien ne pourra nous séparer de l’amour, de l’histoire, des liens qui nous unissent.  Voire la mort ne peut  nous éloigner.

 C’est pourquoi nous sommes venus si nombreux de loin, comme des Rois Mages pour t’offrir non plus de l’or, de l’encens,  ni de l’argent.  Nous sommes venus te témoigner notre amour sans frontières, notre attachement sans limites.

Grâce à Dieu, nous nous sommes rencontrés un jour, au hasard des circonstances éternellement heureuses.  En Dieu nous demeurons plus que jamais unis, associés et partenaires, membres d’une même famille.

 Tu étais pour nous un ange, invisible par sa nature complexe et discrète, mais visible par sa lumière et son message.  Tu étais pour nous la douceur et la tendresse.  Ton calme amenait au recueillement et à la prière.

 Ton humilité et ta simplicité nous ramenaient à l’essentiel dans la vie.  Tu as vécu pour aimer et donner le meilleur de toi à tous ceux et celles qui t’étaient proches sans oublier ceux qui t’étaient loin par le sang, par la foi, par relation interposée ou par opportunité.

 Tu es pour toujours le témoin d’une conscience aiguë rappelant sans cesse que la famille vivant en harmonie, dans l’entraide et la solidarité est une richesse à préserver à tout prix, une chance à consolider, quoi qu’il en coûte !

 Tu savais être disponible et serviable.  Souvent, tu t’oubliais toi-même.  Tu donnais plus que tu ne recevais et n’exigeais des autres.  Tu faisais sienne l’adage selon lequel « la vie ne vaut la peine d’être vécue que si elle est vécue pour les autres ».  EINSTEIN

 Tu repars sans nous prévenir, sans qu’on s’y attende, sans fanfare, sans bruit, sans maladie grave ni vieillesse.  Tu repars au bel-âge, l’âge de la maturité, de l’expérience, de la stabilité, des projets mûris et réfléchis, l’âge de la sagesse.

Oui, il y a quelques mois encore, nous envisagions entreprendre ceci et cela.  Nous nous projetions dans l’avenir, dans un avenir créateur et inventeur.  Nous oubliions que l’avenir est à Dieu.  Nous n’ignorions pourtant pas que l’avenir se moque des ambitions personnelles et rêves non-collectifs.

Oui, c’est vrai que l’homme propose et Dieu dispose.  Nous ne pourrions pourtant nous interdire de faire advenir l’avenir.  Comme il est difficile de se rendre compte que Dieu seul est le garant du devenir de l’Homme !

 Ta réserve naturelle, ta discrétion, ta pudeur, ta piété nous rappellent que pour vivre ensemble, la retenue et le respect mutuel sont des valeurs universelles et non négociables.  Pour mieux vivre ensemble, chacun doit donner et recevoir, chacun doit faire des concessions.

 Tu es partie quand nous avions encore besoin de toi, de ton sourire qui en disait toujours un peu plus, de tes services, des tes conseils, de tes compétences avérées.  Tes directives, éclairages et recommandations vont nous manquer.

Tu pars rejoindre nos parents et grands-parents, nos arrières grands-parents et tous nos aïeux.  Tu rejoins désormais la lignée des ancêtres, ces hommes et ces femmes, qui ont donné un sens à leur vie terrestre en se donnant corps et âme au service de la communauté.

 Ils sont véritablement constructeurs, non pas de murs et maisons, des fortunes et progénitures, mais des relations socio-communautaires constructives et épanouissantes.  Le monde entier peut se prétendre héritier de leur infini et immense patrimoine qu’on ne voit qu’avec le cœur.

Vivi, nous gardons de toi le souvenir d’une personne ouverte à l’Universel.  Tu parlais couramment le lingala, langue des bantous d’Afrique Centrale, langue du Congo.  Ce nom  ressemble étrangement au Togo, avec des destins qui se ressemblent et s’assemblent. 

Au Gabon, au Congo, au Bénin, … tu étais chez toi.  Tu avais beaucoup d’amis, femmes et hommes.  Chacun d’eux témoigne des souvenirs émouvants et chaleureux.  Tu étais une épaule sur laquelle on pouvait se poser et se reposer.

Tu étais pour beaucoup une oreille attentive, souple et apte à la négociation.  Tu étais méthodique, tu rejetais la logique de l’immédiateté et du court terme.  Tu savais aussi t’entêter, t’obstiner, quand tu croyais avoir raison.

 Merci Viviane, merci Vivi pour tes multiples services rendus bénévolement.  Merci pour ta gentillesse.  Toi qui aimais tant prier, intercèdes désormais pour nous.  Demande à Dieu de libérer l’Afrique de la mauvaise gouvernance, de la résignation et de la corruption.

 Que soit éloigné de l’Afrique le détournement des fonds publics, l’organisation des élections trafiquées et falsifiées, , l’égoïsme, le culte de la personnalité des dirigeants politiques et économiques, l’ingratitude, l’insatisfaction, les rapaces politiques, les vipères socio-économiques et financiers.

Que l’Afrique soit définitivement libérée de cette programmation géostratégique qui maintient tant de peuples dans la médiocrité, dans la dépendance économique, technologique et politique.

 Pardonne-nous si nous t’avions de temps en temps blessé, frustré, humilié, offusqué ou vexé.  Nous t’accordons aussi notre pardon inconditionnel.  Que notre vie soit désormais action de grâce, amitié, amour, bonté, clairvoyance, partage, sagesse, universalité.

 Tu es née le 1er et tu meurs le 31.  Tu as vraiment bouclé la boucle.  Tu as accompli ta mission. 

 Adieu  Viviane  – à Dieu Vivi

 Ton ami et frère, Jean KAZADI  KATUMBAY