L’imaginaire politique

Lectures

Bernard LAMIZET (2012), L’imaginaire politique

Paris, Hermes-Science Lavoisier, Coll. « Forme et sens »
Daniela Roventa-Frumusani

Référence(s) :

Bernard LAMIZET (2012), L’imaginaire politique, Paris, Hermes-Science Lavoisier, Coll. « Forme et sens »

Texte intégral

1À l’époque de l’émergence de la culture visuelle (outdoors, Facebook, etc.), la réflexion sur la narrativité, les mythes, l’imaginaire continue d’occuper les chercheurs ; l’imaginaire « est fait de récits et d’univers d’images toujours plus complexes et se déplie au pluriel » (Musso, 2013 : 1). Sémioticien spécialisé dans le langage politique et celui des villes ainsi que dans l’identité et la communication surplombant les pratiques les plus diverses (1997 ; 1998 ; 1999 ; 2000) , Bernard Lamizet se propose de resémantiser l’imaginaire sous plusieurs « angles » d’entrée tels la médiation, le mythe, le religieux, l’esthétique, la fiction ou le pouvoir, la crise, la rhétorique.

2Après une longue période de peur panique devant l’image (l’iconoclasme des temps anciens), nous assistons au revirement de l’image sous les formes les plus diverses (image photographique, image picturale, image graphique, image mentale) à même de relier les individus. Selon Gilbert Durand (1960), la raison et la science ne relient que des choses ; ce qui relie les gens, ce sont les représentations affectives qui constituent l’empire des images. Le grand spécialiste français de l’imaginaire Michel Maffesoli (2013) considère l’image comme un mésocosme entre le microcosme personnel et le macrocosme collectif. Avec Durand, l’imaginaire a été réhabilité, on lui reconnaît une part importante dans la construction sociale de la réalité. Dans une période relativement courte, il devient objet d’étude dans divers domaines : histoire, philosophie, sciences politiques, sociologie, religion, psychologie, en se dissociant des significations « communes », illusoires, chimériques, etc. L’imaginaire social est un produit fort complexe en perpétuelle mutation, fait de symboles linguistiques et culturels qui résultent des aspirations, des croyances, des stéréotypes, des idéaux et qui les conditionnent. L’imaginaire désigne l’ensemble des éléments qui s’organisent en une unité significative pour un groupe donné, mais à son insu.

3L’imaginaire collectif comme principe d’ordonnancement des conduites sociales des groupes institués contribue à la théorisation de l’articulation entre espace individuel et champ social, entre processus psychiques et logiques collectives.

4Les concepts d’idéologie, de représentation et d’imaginaire permettent de comprendre les interférences dynamiques entre des entités psychiques et sociales. Les « figures » de l’imaginaire sont les modes d’appréhension de la réalité par le sujet et, en même temps, des productions collectives ; elles reflètent et construisent les réalités présente et future.

5L’imaginaire fonctionnant comme ordonnancement du monde pour les individus et les groupes fournit un schéma collectif d’interprétation des expériences individuelles complexes et variées (Durand, 1960) signifiant la même chose pour les membres de la société (Castoriadis, 1975).

6Inhérent à toute société, le pouvoir assure sa pérennité dans la lutte contre le désordre et les conflits autodestructifs par des contraintes, mais aussi par des véhicules symboliques et mythiques, autrement dit par l’apport de l’imaginaire.

7Lamizet fonde sa lecture de l’imaginaire sur l’articulation du réel, du symbolique et de l’imaginaire : le réel en tant qu’instance du pouvoir faite de confrontations dans l’espace public ; le symbolique en tant qu’instance de la représentation relevant d’un code de rituels, pratiques et discours qui exige une interprétation ; l’imaginaire en tant qu’instance de paroles, sons et images construits indépendamment de la réalité (p. 14). L’auteur se propose de réhabiliter l’imaginaire politique rejeté hors de la rationalité car trop souvent considéré comme part d’ombre de la politique ou de l’impensé du politique (p. 15).

8Le projet de relecture de l’imaginaire politique proposé par Lamizet est basé sur une « bémolisation » des polarités ; « dans cette approche imaginaire de l’espace politique, l’espace public de la réalité et de l’événement se confond avec l’espace symbolique de l’énonciation et de la communication » (p. 23). En se fondant sur la logique « d’adhésion du sujet aux projets et aux expressions des pouvoirs et des institutions » (p. 24), l’auteur met en évidence les conséquences de la disparition de la distance critique entre l’action et le débat dans l’espace public, tels les fanatismes et les logiques imaginaires ou encore la confusion entre la réalité et ses représentations (p. 25). Mais en dépit de cette disparition, l’imaginaire demeure nécessaire étant donné qu’il peut maîtriser par le symbolique et la mémoire des informations concernant le présent, le passé ainsi que le futur, ce qui peut l’instituer comme un contre-pouvoir (p. 29).

9Dans le troisième chapitre de son ouvrage, « La suspension des médiations », l’auteur met l’accent sur le déficit de distanciation entre trois instances : le réel, le symbolique et l’imaginaire dans bon nombre d’événements politiques contemporains. Par exemple, l’échec des États-Unis en Irak où l’on a substitué une conception imaginaire de la démocratie à une réalité qu’ignoraient les décideurs (p. 55) ; ce même déficit sous-tend les cultes de la personnalité tel le célèbre « L’État c’est moi », ainsi que la confusion entre le destinateur et le destinataire. Il convient de mentionner ici la pertinence de l’utilisation des concepts et des méthodes sémiotiques dans l’interprétation des faits et des pratiques politiques — par rapport à la sociologie — qui nous aident à comprendre les stratégies des acteurs et les pratiques de ceux qui subissent la « rationalité » politique. La sémiotique offre des concepts et des méthodes « permettant de penser l’expression et les modes de représentation mis en œuvre dans l’imaginaire politique » (p. 28) puisque « [l]e seul fait de s’exprimer suffit dans l’imaginaire politique à établir le pouvoir de celui qui s’exprime » (p. 67).

10L’auteur ne manque pas de dissocier l’espace public du débat autour de la confrontation et de l’élaboration des identités politiques, ayant comme mode majeur d’énonciation la parole ou l’écriture, de l’espace public de l’imaginaire, espace où la politique est un spectacle et dans lequel le mode d’expression est l’image ou l’écriture imagée (p. 45).

11Selon Lamizet, « les acteurs et les identités politiques se définissent toujours à la fois par les pratiques qu’ils mettent en œuvre et par les futures qu’ils imaginent pour la société dans laquelle ils se trouvent » (p. 67). Autrement dit, « l’identité politique n’aurait de sens sans l’articulation et l’expression d’une instance imaginaire » (p. 68). L’imaginaire politique se définit par un lien significatif entre deux médiations : la médiation entre le temps long et le temps court et celle entre le singulier et le collectif. L’auteur ne manque pas d’illustrer par des exemples emblématiques l’articulation de ces médiations. Ainsi le fameux discours d’Obama en 2008 est-il évoqué pour exemplifier la médiation entre le temps court et le temps long (l’insistance sur l’histoire), alors que la médiation entre le singulier et le collectif se lit à partir du syntagme notre génération (p. 68).

12La dimension politique de l’imaginaire est fondamentalement une « logique du projet » (p. 76) et la même triade déjà évoquée est à l’œuvre dans l’imaginaire du champ d’exercice du pouvoir.

Son champ symbolique est l’ensemble des représentations et des expressions de ce pouvoir. Son champ réel est l’ensemble des espaces des temps, des personnes, sur qui s’exerce le pouvoir ou sur lesquels il exerce son emprise. Enfin ce que l’on peut appeler le champ imaginaire du pouvoir désigne l’ensemble des projets visés par les acteurs du pouvoir (p. 77).

13Dans son chapitre 4, « Sémiotique imaginaire des identités politiques », Lamizet réutilise et valorise des concepts fondamentaux de la sémiotique française telle l’intertextualité de Julia Kristeva (1969) : l’imaginaire politique est composé

d’une intertextualité multiple et complexe qui articule information, le discours des médias et la littérature, le discours politique et la fiction, l’écriture et l’image et les autres systèmes d’expression et de représentation. L’imaginaire politique est fait d’une multiplicité de langages et de modes d’expression qui l’inscrivent en quelque sorte par définition dans les structures et les codes de l’intertextualité (p. 72).

14L’imaginaire étant l’une des instances qui fondent l’identité, la réflexion ne pouvait pas ne pas s’attarder sur des figures de l’identité telles que l’identité imaginaire du peuple ; le peuple n’intervient pas dans les récits comme un acteur politique, mais comme une abstraction à laquelle tout acteur peut s’identifier (p. 325). La réflexion sur le peuple (opposé à la classe sociale ou à l’« acteur incarné ») est pleinement justifiée dans le contexte actuel de consolidation des rhétoriques populistes et au moment où se figent les identités ethniques, politiques, religieuses. On aurait souhaité que soit développée l’idée suivante : « Le populisme est une forme de confrontation politique entre acteurs dans laquelle les identités qui s’opposent les unes aux autres représentent des formes imaginaires de l’appartenance et de la sociabilité » (p. 329).

15En fait, chacun des chapitres mériterait un développement ultérieur tant il est ancré dans les questions sociétales les plus actuelles (voir les chapitres « Imaginaire et mythe », « L’imaginaire politique et le religieux », « Les thématiques de l’imaginaire politique », « Imaginaire et crise », « Imaginaire, rhétorique, propagande »). À la fin d’un livre ouvert (dans le sens d’Umberto Eco) tant par la thématique que par les nombreuses pistes tracées, la conclusion (trop courte, selon nous) insiste à juste titre sur le travail réflexif et critique que le lecteur doit prolonger à partir du concept si généreux qu’est l’imaginaire qui fonde la mémoire, l’histoire, le mythe en se constituant comme principe explicatif du monde et leçon morale (comme de la fable) du passé.

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Bibliographie

CASTORIADIS, Cornelius (1975), L’institution imaginaire de la société, Paris, Seuil.

DURAND, Gilbert (1960), Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Presses universitaires de France.

KRISTEVA, Julia (1969) Séméiôtiké : recherches pour une sémanalyse, Paris, Seuil.

LAMIZET, Bernard (2000), La médiation culturelle, Paris, L’Harmattan, Coll. « Communication ».

LAMIZET, Bernard et Ahmed SILEM (1997), Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication, Paris, Ellipses.

LAMIZET, Bernard et Pascal SANSON (1998), Les langages de la ville, Paris, Parenthèses Éditions, Coll. « Eupalinos ».

MAFFESOLI, Michel (2013), Imaginaire et postmodernité, Paris, Éditions Manucius.

MUSSO, Pierre (2013), « Préface » dans Michel MAFFESOLI, Imaginaire et postmodernité, Paris, Éditions Manucius.

WEYMOUTH, Anthony et Bernard LAMIZET (1999/1996), Markets and Myths: Forces of Change in the European Media, New York, Routledge.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Daniela Roventa-Frumusani, « Bernard LAMIZET (2012), L’imaginaire politique », Communication [En ligne], vol. 33/2 | 2015, mis en ligne le 27 janvier 2016, consulté le 29 janvier 2017. URL : http://communication.revues.org/5958

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Auteur

Daniela Roventa-Frumusani

Daniela Roventa-Frumusani est professeure à la Faculté de journalisme et de sciences de la communication de l’Université de Bucarest. Courriel : danifrumusani@yahoo.com

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TECHNIQUES POUR CONTROLER ET MANIPULER LA POPULATION

TECHNIQUES POUR CONTROLER ET MANIPULER LA POPULATION

La stratégie de la diversion

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

S’adresser au public comme à des enfants en bas-age

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro (« les jours euro »). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Auteur Inconnu

PULSIONS SEXUELLES IRREPRESSIBLES

Avant hier on a parlé des prêtres pédophiles. Hier on parlait des grands dirigeants internationaux présumés violeurs. Aujourd’hui on parle d’anciens ministres français pédophiles aux frais du contribuable.

Certains ont pensé que les prêtres pédophiles étaient victimes de leur célibat. Que penser alors des hommes mariés qui pratiquent la pédophilie?

Les pulsions sexuelles demeurent un thème non encore élucidé pour le grand public. Il convient que les psychologues et sexologues nous expliquent davantage notre fonctionnement sexuel. Pourquoi certains semblent avoir des pulsions aux apparences irrépressibles?

 Autrefois en Afrique par exemple, les gens ne portaient que des cache-sexe. Il n’y avait presque pas de viol. Chez les nudistes, il y a rarement des viols. Comment expliquer que chez les personnes qui s’habillent bien il y ait autant des déviations sexuelles? Qu’est-ce qui a changé? Que recherchons-nous dans les rapports sexuels? Pourquoi l’abstinence et la maîtrise de soi semblent si difficile? Quelles thérapies pour les personnes en difficulté? Je serai heureux d’avoir vos réactions.

Jean KAZADI KATUMBAY

De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale

UN  LIVRE  QUI  VAUT  LA  PEINE,

Par ce courriel, je tiens à annoncer la parution imminente aux Éditions l’Harmattan à Paris de mon prochain ouvrage intitulé : « De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine ». J’ai essayé de procéder à une auscultation éthique et politique de la crise négro-africaine postcoloniale en adoptant une posture pluridisciplinaire.

Un livre publié échappe à son auteur et acquière de facto son autonomie. Alors je souhaite vivement qu’il suscite un débat critique, franc, ouvert, honnête et fécond.  Pour nos collaborateurs et collaboratrices qui habitent en Europe et aux Antilles, ils pourront s’adresser directement aux Éditions l’Harmattan à Paris et à son impressionnant réseau de distribution en Europe et dans le monde. Pour ceux qui habitent en Afrique, ils pourront aussi s’adresser aux maisons de l’Harmattan dans plusieurs capitales africaines (Ouagadougou, Kinshasa, Conakry, Abidjan, Nouakchott, Yaoundé, Libreville…). Toutes les autres capitales africaines ont des librairies et des universités qui sont en réseau et en étroite collaboration avec les Éditions l’Harmattan à Paris. Pour ceux qui habitent le Canada et les États-Unis d’Amérique (l’Amérique du Nord), ils peuvent aussi s’adresser à leurs librairies locales ou acheter directement sur Internet sur le site de l’Harmattan ou d’autres sites en ligne. Mais pour ceux qui habitent le Canada, plus spécialement dans la région de la Capitale nationale (Ottawa-Gatineau), et qui participent aux conférences mensuelles du Cerclecad à l’Université d’Ottawa, il y aura le lancement officiel avec la dédicace de l’auteur, lors de notre dernière conférence avant la pause estivale, le samedi 25 juin 2011 à 15H00 dans la salle du Sénat de l’Université d’Ottawa. Mais ceux qui vivent au Canada loin de la région de la capitale nationale, et veulent tout de même avoir la dédicace de l’auteur, ils peuvent me contacter au courriel (benkung01@yahoo.fr) pour que je leur expédie l’ouvrage à l’adresse postale qu’ils m’auront communiquée, moyennant un chèque qui comprendra le prix de l’ouvrage et les frais d’envoi. J’attends la fixation du prix par les librairies du Canada pour que je communique le prix officiel en dollars canadiens de cet ouvrage important. Pour tous les autres, ils peuvent toujours se procurer l’ouvrage soit par Internet, soit en le commandant à leurs librairies respectives. À Ottawa, je ferai un dépôt de livres à la librairie de l’Université Saint Paul d’Ottawa (223, Rue Main).

 Je ne peux pas finir ce courriel sans souhaiter à toutes les mères du monde entier une « joyeuse fête des mères » et beaucoup de joie dans leur maternité. Cette « maternité » qui continue à constituer un danger de mort dans la plupart des pays africains à cause des conditions sanitaires désastreuses, doit constituer un sujet de réflexion en vue d’une action politique d’envergure dans les pays africains fortement bousculés et rongés par les crises de la postcolonie et de la mondialisation néolibérale. Dans ces temps critiques et périlleux pour la plupart des pays africains de la postcolonie, le plaidoyer pour un « leadership féminin » fort devient un enjeu politique, éthique et philosophique primordial.

Dans tous les pays africains, sans le sens exceptionnel de débrouillardise et d’ingéniosité pratique des femmes dans la prise en charge quotidienne de la « survie » de nos familles, il y a longtemps que l’Afrique serait déjà disparue du globe terrestre. L’échec du leadership des hommes politiques africains, autocrates, kléptocrates et mégalomanes, depuis 50 ans des « indépendances de pacotille » est tellement patent, qu’il ne requiert plus de discussions oiseuses. Ce dont il s’agit de promouvoir aujourd’hui, dans nos communautés d’Afrique et des diasporas, c’est le renforcement de ce leadership féminin déjà à l’œuvre dans nos communautés noires de partout.

Le Cerclecad travaille avec intrépidité à l’émergence d’un tel leadership féminin, qui soit en même temps éthique, intellectuel et spirituel. En travaillant avec des femmes qui veulent devenir des actrices politiques et intellectuelles de leur propre émancipation et de celle de leurs enfants africains, le Cerclecad apporte sa modeste contribution dans le vaste chantier de la Renaissance africaine. C’est avec ces paroles que je dis « Joyeuse et Heureuse fête » à toutes nos mamans et nos mères par qui Dieu nous promus dans la Vie comme des vivants pour sa plus grande gloire.

Pour ceux qui habitent Ottawa, je vous attends nombreux et nombreuses à notre conférence de cat après-midi à l’Université d’Ottawa, sur la « crise politique en Côte d’Ivoire : Interpellations éthiques et politiques pour l’Intelligentsia africaine ».

Bonne fête des mères et Bon Week-end à tous et toutes !

Votre serviteur Benoît Awazi Mbambi Kungua

Président du Cerclecad.

JEAN PAUL II UN GEANT

« Jean Paul II a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté »Benoît XVI.

LES 10 ERREURS FATALES DE LAURENT GBABO

 1. Au lieu d’utiliser la force, il fallait dès le départ prouver par tous moyens, qu’il a effectivement gagné les élections. Les trafics d’influence, les intimidations et menaces, l’ont tout de suite décrédibilisé.

2. Il a surestimé ses forces. Il a cru qu’il pouvait faire comme Georges W. Bush et réussir. L’Amérique en a payé le prix. Il a fallu trouver une étoile planétaire aussi brillante comme celle des rois mages bibliques en la personne de BARACK OBAMA pour vite remettre les USA sur la scène internationale.

3. Il a sous-estimé la force de l’Internationale Stratégique et Financière qui se cache derrière OUATARRA qui a ses ramifications dans plusieurs pays parmi lesquels l’Angola, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Gabon, le Nigeria, le Burkina Faso, la France, I’ Israël, les USA, etc.

4. Il a feint d’ignorer que beaucoup de dirigeants africains ont encore besoin de l’appui français qui est membre permanent du conseil de Sécurité des Nations Unies avec droit de Veto. Même les Etats Unis ont besoin de la France. Quant Chirac s’est opposé à Bush, il a toutefois autorisé aux avions américains d’utiliser éventuellement l’espace aérien français pour faire la guerre. Les cadeaux politiques sont des dettes et ne s’oublient pas.

5. Il a ignoré que la COTE D’ IVOIRE est faite de beaucoup de citoyens d’origine étrangère. Il y a des discours qui sont gênants pour tous les métis « noirs » qui généralement occupent des postes hyper-stratégiques. Les africains doivent sortir de la logique du sang pour entrer dans la logique des alliances tactiques. Tout citoyen est citoyen. Admettre la notion de citoyen de seconde zone équivaut à une bombe placée dans une poubelle au cœur de la ville.

6. Il a ignoré que les discours nationalistes sont porteurs des malheurs : Lumumba, Kabila, Mugabe, Mobutu, Kadhafi, etc. en savent quelque chose. Il y a des intérêts nationaux qu’il faut parfois sacrifier pour avoir la paix et avoir le soutien de la Communauté Internationale. On peut sacrifier le cuivre, l’uranium, le diamant, etc. sur l’autel de la mafia internationale. En contre partie celle-ci peut vous garantir la paix. Par contre vous pouvez développer votre pays par l’intelligence informatique, l’innovation technologique, les structures scientifiques de haut niveau. Les idées suffisent largement pour rendre un pays riche, prospère et puissant. Sans la paix, les matières premières, les ports et infrastructures ne servent à rien.

 7. Il a oublié qu’il y a pas moins de quinze mille citoyens ivoiriens qui sont bi-nationaux : Français et Ivoiriens. La France n’est pas prête à avoir à Abidjan un pouvoir anti-français susceptible de menacer ses intérêts. L’appui des chinois ne suffit pas. La Chine a besoin de la France dans plusieurs domaines technologiques, industriels, militaires, etc. Les Français parlent très souvent de l’immigration africaine et parlent à peine de l’immigration chinoise. Et pourtant il y a des arrondissements entiers de Paris qui sont « chinoicisés ». Cela dit tout…

8. Il a sous-estimé l’influence de Blaise KOMPAORE et de son pays pauvre le BURKINA FASO. Les congolais de la RD CONGO sous-estimaient le Rwanda. Aujourd’hui leur opinion a changé. « Un petit piment pique mieux qu’un gros » dit un proverbe Luba du Kasaï. KOMPAORE est garant de la conscience tranquille française dans la mort de SANKARA qui s’impose comme un héros africain. Il faut en permanence acheter son silence.

9. GBABO, pourtant professeur d’histoire, n’a pas bien lu ou étudié l’histoire du Grand Maître et ancien agent français Omar BONGO ONDIMBA dans sa relation complexe avec la France. Il faut étudier l’Histoire pour pouvoir prendre de bonnes décisions au présent et anticiper l’avenir avec réalisme. Le grand Omar savait jusqu’où il pouvait aller dans ses menaces. Si le Gabon n’est pas développé, au moins le Gabon ne connait pas le traumatisme de la guerre. C’est vrai que la vie est un choix. Mais quand on est président, les choix stratégiques engagent la vie des innocents et martyrisent des millions des personnes.

10. GBABO s’est entouré des conseillers fanatiques, irréalistes, idéalistes et non pragmatiques. KABILA KABANGE Joseph, fils d’un président assassiné par la mafia internationale, a su sauver son pouvoir en allant faire un tour rapide en Occident dès son accession au pouvoir et en apprivoisant ses opposants d’hier, en leur donnant des avantages juteux, et surtout en acceptant de prendre le risque du partage de son pouvoir. Kabila est encore au pouvoir. Ses opposants d’hier sont enterrés aux oubliettes de l’Histoire. C’est parfois le prix à payer pour pacifier un pays.

SI OUATARRA semble avoir gagné, la Cote d’Ivoire vient de perdre pour au moins dix ans une bonne partie de ses atouts. Quel gâchis !

Jean KAZADI KATUMBAY excelle depuis plusieurs années dans le domaine du développement personnel. Il écrit plusieurs chroniques et donne des conseils gratuits.  Vous pouvez réagir sur le site ou lui écrire à l’adresse suivante : muazadi@yahoo.fr

LA FRANCE EST EN DANGER DE MORT

Les français deviennent-ils « extrémistes » ?  Les français se trompent énormément de cible en favorisant la tendance extrémiste. La crise économique est mondiale. Elle est structurelle et philosophique. Elle a ses racines dans les théories économico-politiques et stratégiques qui gouvernement la pensée et les structures mondiales. La faute n’est ni à Barack Obama, ni à Sarkozy, ni aux chinois, ni à Bruxelles.

Le capitalisme est entrain d’atteindre ses limites. Le travail classique ne permettra plus à tous les travailleurs de se prendre en charge et de mieux vivre. Il faut trouver de nouveaux critères de redistribution des richesses. La satisfaction équitable des droits humains les plus élémentaires et des indices du développement humain (santé, éducation, distraction, etc.) doit-être le but de l’action politique collective.

Il faudrait revoir la notion de la concurrence, de croissance et du développement, fut-il durable. Il y a des produits qui ne doivent plus être des marchandises. Mais j’avoue qu’un tel bouleversement culturel est difficilement envisageable. Les français qui sont habitués aux « acquis sociaux » auront de la peine à abandonner leurs privilèges et leur culture de surconsommation. Ceux qui votent contre la présence des étrangers et particulièrement les africains se trompent de cible.

La crise française n’est pas liée à l’immigration. Il y a beaucoup d’immigrés français au canada, aux USA, au Gabon, en Cote d’Ivoire. On l’oublie parfois. Autant l’Afrique a besoin de la France autant la France a besoin de l’Afrique. Beaucoup d’Africains aujourd’hui se tournent irréversiblement et avec entêtement vers la Chine et l’Inde. C’est la France qui est perdante si Claude Guéant supprime les visas aux africains pour plaire aux jeunes français qui ne comprennent rien ni de l’économie ni de la politique internationale.

Tous les africains qui sont déçus par la politique française et le penchant extrémiste actuellement en vogue, pourraient s’organiser pour saboter les intérêts économiques, culturels et politiques. Ils n’auront pas besoin de la violence barbare de Ben Laden, qui après tout, n’a rien changé. Elle nous a doté par contre des passeports biométriques un peu plus sécurisés. Paris et ses musées, son histoire, ses institutions internationales, son TGV, etc. est pour certains la capitale du monde.

Faut-il perdre ce statut pour se ghettoïser ? La France n’appartient pas aux français. Paris est une ville mondiale. La France que j’aime est un patrimoine universel. La France de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est un phare qui éclaire les consciences. La France est une énergie qui doit mobiliser les peuples du monde entier et construire la fraternité universelle. La France n’est pas un pays. La France est un idéal humain qui tire les humains vers plus de solidarité.

Jeunes français, calmez-vous. Vous n’êtes pas les plus misérables. Il y a plus d’immigrés au Canada et aux Etats Unis qu’en Europe. Au lieu de revendiquer vos droits et avantages en permanence, essayons de nous associer, nous, citoyens conscients du monde entier. Débattons pour poser des nouvelles bases qui construisent une nouvelle civilisation. La nouvelle ère, doit permettre des combats, non pas les uns contre les autres mais les uns pour les autres.

Construisons de nouveaux forums qui, grâce aux réseaux sociaux, permettent de faire avance un nouvel ordre mondial. Il paraît irresponsable de demander à Sarkozy de penser à notre place. Les G8, les G20, les G2 (USA/CHINE), DAVOS, les parlements, les commissions, etc. ne sont que des tribunes permettant à certains de parler en nos noms. Les La vraie démocratie implique une participation de tous. Il faut qu’ensemble on revoit l’ordre social planétaire.

Je suis désolé de parler comme un prophète apocalyptique. Si vous votez pour l’extrême droite, voici les malheurs qui vous arriveront à coups sûr :

1. Les produits français seront sabotés

 2. Les touristes fuiront la France

3. La langue française disparaîtra et ne sera plus la langue diplomatique

4. Il n’y aura plus de fierté à être français

5. Le vin français n’aura plus de goût

6. Lors des compétitions internationales, plus personne n’applaudira les champions français

Pour le bien de tous, protégeons la France de la diversité, de la pluralité, de la différence. Ayez le courage de reconnaître que la vraie réponse à la crise actuelle n’est pas dans l’exclusion mutuelle. Elle réside dans une concertation planétaire. Le 21ème siècle avec toutes ses technologies de communication nous impose de redevenir de nouveaux Voltaires, Diderot, rousseau, Montesquieu, etc. capables de faire émerger un nouveau contrat social planétaire.

Jean KAZADI KATUMBAY excelle depuis plusieurs années dans le domaine du développement personnel. Il écrit plusieurs chroniques et donne des conseils gratuits sur ce site : https://conseilsgratuits.wordpress.com/ Vous pouvez réagir sur le site ou lui écrire à l’adresse suivante : muazadi@yahoo.fr