Technique pour faire émerger des acteurs économiques africains à haut potentiel

L’une des meilleurs solutions pour faire émerger des acteurs économiques africains à haut potentiel : « Les clubs d’épargnants et d’investissements productifs »

Par Mary Kimani, Afrique Renouveau, ONU

Sur tout le continent, les Africains économisent et investissent aujourd’hui une plus grande proportion de leur propre argent mais cette épargne s’est détournée des banques. Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA) de l’ONU, le taux d’épargne intérieur de la région est passé de juste 19 % du produit intérieur brut (PIB) en 1998–2001 à 26 % en 2007. Selon une étude publiéeen mars 2008 par la CEA, le taux d’investissement intérieur de l’Afrique a également augmenté de 19,7 % à 22,1 % sur la même période.

 Au Kenya et dans d’autres pays africains, ce sont des clubs locaux non institutionnels qui ont aidé à orienter l’épargne vers des investissements productifs. Actuellement, ces groupes locaux détiennent un total d’environ 35 milliards de shillings kényans (KSh), l’équivalent de 469 millions de dollars américains. Ce n’est là qu’une petite portion du total de 642 milliards des dépôts bancaires du Kenya en 2007, mais néanmoins plus du double de toutes les aides financières étrangères reçues par le pays l’année dernière.

 Les Kényans appellent ces clubs des chamas, ce qui peut se traduire par “comités”. Ils ont été créés pour faire face aux turbulences économiques des années 1980 et 1990. Dans ces chamas, les membres d’une famille, les voisins ou les collègues de travail mettaient en commun leurs ressources et utilisaient cet argent pour financer des prêts et des emprunts entre les membres du groupe durant les périodes difficiles. Quand la santé économique du pays s’est améliorée, les membres ont utilisé ces fonds pour créer de petites entreprises.

 Progressivement, ces clubs ont commencé à s’institutionnaliser et certains d’entre eux se sont transformés en société pour investir dans des actions et dans l’immobilier. Selon M. Kariuki, de Kenyan Association of Investment Group, un Kényan adulte sur trois est aujourd’hui membre d’un club d’investissement. “Nous pensons que ces clubs ont un énorme potentiel. Si les capitaux qu’ils détiennent sont correctement utilisés, cela aiderait considérablement le pays”, a-t-il déclaré à Afrique Renouveau.

 Les coopératives d’épargne et de crédit

 Les clubs d’épargnants ne sont pas une nouveauté au Kenya. Des institutions tournées vers l’épargne nationale existent sous des formes plus officielles depuis la fin des années 1970 et au cours de cette période un grand nombre d’agriculteurs, d’enseignants, de médecins et de membres d’autres professions ont formé des mutuelles ou des coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC) ainsi que d’autres types de coopératives. On estime que ces établissements détiennent aujourd’hui un total de 130 milliards de KSh (1,7 milliards de dollars U.S.) en fonds d’épargne.

 A la différence des clubs d’investissement dont tout un chacun peut devenir membre, la plupart de ces mutuelles et coopératives limitent en général leurs adhérents à une profession définie. La coopérative Mwalimu s’adresse par exemple aux enseignants du secteur public. Et alors que les clubs d’investissements se consacrent à recueillir l’épargne à des fins d’investissement, les COOPEC, comme les fonds de pension, ne peuvent pas légalement se livrer à des activités commerciales qui pourraient exposer l’argent des membres à des risques indus.

 Selon James Mwangi, directeur général d’Equity Bank Kenya, le principal obstacle à l’utilisation des COOPEC comme instruments d’investissement viables a été la médiocrité de leur gestion. “La structure de gouvernance des coopératives a été un gros problème et plus un handicap qu’un avantage”, a-t-il déclaré à Afrique Renouveau. “Il y a eu beaucoup d’abus de la part de responsables et des gens ont perdu leur argent.” Ce problème “a failli tuer la culture de l’épargne”, explique M. Mwangi, et poussé beaucoup de personnes à garder leurs économies en liquide.

 Des modèles et des sources d’inspiration

Certains des clubs d’investissement prouvent qu’une bonne gestion est possible. Alliance Capital Partners (ACP) a été formé pour investir dans l’immobilier, ses membres ont rassemblé eux-mêmes autant du capital nécessaire qu’ils pouvaient et ont ensuite utilisé cet argent pour obtenir un financement bancaire complémentaire. Ils ont construit à ce jour un hôtel de 49 chambres et deux immeubles résidentiels de 17 appartements locatifs chacun et font actuellement construire un troisième immeuble de 80 appartements.

  “L’utilité d’un club est qu’il vous permet de mettre en commun vos ressources”, a déclaré à Afrique Renouveau Antony Mwaniki, un membre d’ACP. “Cela ouvre des possibilités d’investissements plus considérables à tous les membres. Une transaction qui serait hors de portée pour un particulier devient tout à coup possible pour tout le monde dans le groupe.”

 M. Kariuki note que le succès de telles initiatives a été variable. “Ordinairement, les clubs ont un taux de réussite de 50 %. Mais, ajoute-t-il, la plupart détiennent un capital inférieur à 1 million de KSh. Selon lui, les mauvaises structures de direction sont une des principales raisons de l’échec de nombreux clubs.

 Aider les clubs à surmonter ces problèmes a été ce qui a motivé la formation de KAIG, explique M. Kariuki. “Nous voulions aider les clubs en leur fournissant des informations, par exemple comment former le club correctement et quels types de règlement et de principes directeurs les aideraient à réaliser leurs objectifs. Nous organisons régulièrement des réunions où des invités viennent leur parler de perspectives d’investissement.”

 Ces clubs commencent à rencontrer les mêmes problèmes que les institutions commerciales y compris, note M. Mwaniki, “les risques politiques”. L’année dernière, son groupe ACP a proposé un placement à un investisseur britannique qui les soutient et qui envisageait d’investir jusqu’à 1 million de dollars. “Mais cet intérêt s’est immédiatement évaporé quand ont éclaté les violences post-électorales du début de l’année.” Selon lui, les gouvernements africains “doivent comprendre que les crises politiques, même de courte durée, ont une profonde influence sur la manière dont nous pouvons présenter nos perspectives d’investissement aux marchés internationaux”. Selon lui, il faut que le gouvernement mette en place un cadre institutionnel solide et fasse appel à la diaspora kenyane.

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les droits spécifiques de la Charte africaine des droits

Source : « Afrique Renouveau », Vol.18#2, juillet 2004. Publication des Nations unies.

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples a été adoptée en 1981 par l’organisme qui a précédé l’Union africaine (UA), l’Organisation de l’unité africaine (OUA). C’est le principal instrument relatif aux droits de l’homme dont dispose le continent.

La Charte énonce les mêmes droits individuels que ceux qui sont consacrés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, y compris l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, de religion et d’assemblée, le droit au travail, à la propriété et à un niveau de vie minimum, ainsi que l’accès aux soins de santé et à l’éducation et le droit de vivre à l’abri des arrestations et détentions arbitraires, des traitements dégradants et de la torture. Ces droits sont assortis de devoirs, notamment l’obligation de consolider la famille, de servir l’Etat et de travailler.

La Charte énonce également un groupe de droits et obligations « des peuples » ou collectifs, comme le droit à l’autodétermination nationale, qui sont absents de la Déclaration universelle de 1948. Ces droits, ainsi que certaines dispositions comme par exemple l’obligation faite aux Etats « d’éliminer toutes les formes d’exploitation économique étrangère » et le droit des peuples à la solidarité panafricaine dans la lutte anti-coloniale, sont le fruit de l’histoire de l’Afrique et de ce que le préambule de la Charte qualifie de « valeurs de la civilisation africaine ».

Parmi ces droits et devoirs figurent :

• le droit à l’égalité avec les autres peuples et le droit de ne pas être dominé,

• le droit à la paix et à la sécurité internationale,

• le droit des peuples opprimés de se libérer par « tout moyen reconnu par la communauté internationale »,

• le droit de maîtriser les richesses et ressources nationales « dans l’intérêt exclusif de la population, »

le droit au développement économique, social et culturel,

le droit de promouvoir et de renforcer l’unité nationale et l’Etat,

• le droit de préserver « des valeurs culturelles africaines positives, »

le droit de contribuer à la réalisation de l’unité africaine.

Reconsidérer des préjugés économiques sur les africains face à l’investissement

Par Ernest Harsch,  Afrique Renouveau, ONU

La vente publique d’actions ONATEL au Burkina a agréablement surpris les stratèges de l’Afrique

Les actions s arrachent vite et se revendent à un meilleur au Burkina Faso

 

Nous devons reconsidérer des préjugés volontairement entretenus sur les africains face à l’investissement.  Les privatisations de grandes entreprises publiques stratégiques doivent s’adresser prioritairement aux africains.  L’exemple Burkinabè ouvre également de nouvelles perspectives pour le financement des entreprises privées en Afrique.

 Le mois de décembre choisi par la direction de la principale compagnie téléphonique du Burkina Faso pour organiser une vente publique d’actions ne semblait pas particulièrement propice. La crise financière internationale, qui ralentissait déjà la croissance économique du pays, a conduit certains analystes à se demander s’il y aurait suffisamment de personnes pour placer leurs capitaux limités dans ce nouveau type d’investissement. Ces doutes ont été balayés à l’issue de l’opération fin janvier, les investisseurs locaux s’étant précipités pour acheter plus que le nombre d’actions émis.

“Nous étions les premiers à être étonnés du nombre d’actionnaires, de l’engouement qu’il y a eu », a reconnu Alexis Lourgo, responsable de la société de services financiers qui a supervisé l’opération.

L’offre publique d’achat, la première jamais organisée au Burkina, a constitué la deuxième étape du processus de privatisation de l’Office national des télécommunications (ONATEL), la compagnie téléphonique nationale, après la vente de 51 % des parts à Maroc Télécom en décembre 2006. Désireux d’élargir l’assise financière de la compagnie, ONATEL a décidé de mettre en vente 20 % d’actions supplémentaires, soit 680 000 actions, au taux préférentiel de 42 000 CFA par action pour les ressortissants burkinabés et de 45 000 CFA pour les autres. Craignant que la souscription ne soit trop faible, les autorités s’étaient entendues au préalable avec la Société financière internationale de la Banque mondiale, qui avait accepté de s’engager à hauteur de 3 % dans ONATEL, sur une augmentation de sa participation future jusqu’à 5 % au cas où toutes les actions ne seraient pas vendues.

Mais au total, la demande s’est élevée à 957 820 actions, soit près de 41 % supérieure au nombre d’actions offertes. Pour faire face à la situation, il a été décidé de limiter le nombre d’actions par personne ou entité et d’accorder la priorité aux Burkinabé. Au total, 4 122 souscripteurs ont participé à l’opération, dont 3 243 nationaux. La vente a rapporté 29,1 milliards de CFA (61,7 millions de dollars) au Trésor public.

“L’actionnariat populaire a commencé, a fait remarquer M. Lourgo. Il appartient à l’Etat de continuer à intéresser nos compatriotes lorsqu’il y aura des privatisations en pensant aux nationaux pour pouvoir leur céder une partie des actions afin qu’ils participent à l’effort de développement économique et social.”

A la fin avril, ONATEL est devenu la première société installée au Burkina à être cotée à la Bourse régionale de l’Afrique de l’Ouest francophone à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cette cotation a permis à ceux qui avaient acheté des actions de les revendre, et à ceux qui avaient manqué l’offre initiale d’en acheter. Au cours de la première journée de transaction, quelque 1 200 actions ONATEL ont été négociées à 47 900 CFA chacune, montant bien plus élevé que le prix de départ.

L’engouement suscité par la vente publique d’actions ONATEL donne à penser que l’absence d’une tradition de l’actionnariat public ne constitue pas un handicap insurmontable à la mobilisation des capitaux nationaux. D’autres sociétés, toutefois, risquent d’éprouver plus de difficultés. Comme ailleurs en Afrique, les télécommunications constituent un secteur particulièrement dynamique au Burkina. Le nombre d’abonnés au téléphone mobile a fait un bond de près de 63 % en 2008, passant d’environ 1,9 million l’année précédente à plus de trois millions (chiffre bien supérieur aux abonnés aux lignes fixes, dont le nombre s’élevait à 145 301). La filiale de téléphonie mobile d’ONATEL représente 34 % de cette part de marché, se plaçant en deuxième position après la compagnie koweitienne ZAIN, qui compte la moitié de tous les abonnés.

MON TELEPHONE PORTABLE EST UN COMPTE BANCAIRE

Par Mary KimaniAfrique Renouveau, ONU

Ann Wanjiku se dirige vers un kiosque vert et blanc décoré d’une enseigne “M-Pesa agent”, y elle montre sa carte d’identité et son téléphone cellulaire qui affiche un numéro d’identification personnel fourni par un client. Utilisant ce numéro, une minute suffit à l’agent pour vérifier qu’un client a viré le paiement de 1000 sculptures de style traditionnel sur le compte de téléphonie mobile de Mme Wanjiku qui peut retirer ce montant en liquide.

Comme 90 % de ses compatriotes, Mme Wanjiku n’a pas de compte en banque ordinaire. En Afrique, selon la Banque mondiale, seulement 20 % des ménages en ont. Ce pourcentage tombe à 15 % au Libéria et à 5 % en Tanzanie.

La prolifération de la téléphonie mobile donne de nouveaux moyens d’offrir des services bancaires aux africains. Des compagnies comme M-Pesa peuvent utiliser n’importe quel téléphone ou n’importe quelle carte téléphonique pour fournir des services à prix abordables dans toutes les zones couvertes par un signal de téléphonie mobile.

Les innovations de ce genre dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) a été une question centrale au sommet “Connecter l’Afrique” tenu à Kigali (Rwanda) au mois d’octobre. Plus de 1000 représentants du secteur privé, de gouvernements et de bailleurs fonds ont débattu de la façon dont ces technologies peuvent contribuer à apporter des solutions aux problèmes de développement de l’Afrique.

L’argent sous le matelas

Brian Richardson, Directeur général de Wizzit South Africa, une compagnie de services bancaires par cellulaire, note qu’étendre les services aux zones rurales passait auparavant par l’ouverture de succursales et qu’ainsi “offrir des services bancaires à un marché de masse devient incroyablement coûteux.”

Les services les plus courants ne sont donc souvent tout simplement pas disponibles. L’Ethiopie a seulement une agence bancaire pour 100 000 personnes pour 96 en Espagne. De plus, du fait de soldes minimum relativement élevés, ces services sont trop coûteux pour la majorité des Africains.

Même en Afrique du Sud, avec un réseau bancaire plus développé, la population garderait environ 12 milliards de rands (1,8 milliard de dollars) “sous les matelas” souligne M. Richardson. “Introduire ne serait-ce qu’une petite partie de cette somme dans le système bancaire normal, les effets sur l’économie seraient énormes.”

Depuis 2004, Wizzit a recruté 50 000 clients sud-africains et espère en conquérir 16 millions dans un pays où 60 % de la population n’a pas de compte en banque. Les détenteurs de comptes Wizzit peuvent utiliser n’importe quel téléphone cellulaire, même les vieux modèles bon marché, courants dans les communautés les moins prospères. Les clients peuvent déposer de l’argent sur leur compte dans n’importe quelle poste ou une agence de deux grands réseaux bancaires. Les salaires peuvent être payés par virement électronique sur un compte Wizzit. Les clients reçoivent une carte de débit Maestro accepté par les distributeurs automatiques et les commerçants. Il n’y a pas d’exigence de solde minimum ou de frais bancaires annuels et les utilisateurs payent l’équivalent de 0,15 à 0,78 dollars par transaction.

Juste appuyer sur quelques touches

Des équivalents de Wizzit sont apparus ailleurs en Afrique. Environ un million de Kényans utilisent M-Pesa, une opération conjointe de la compagnie Vodafone/Safaricom, de la Commercial Bank of Africa et de Faulu Kenya, une organisation de microfinance. Les clients de M-Pesa déposent leur argent auprès d’un agent agréé ou d’un vendeur de téléphones cellulaires. L’agent crédite alors le compte. Les utilisateurs ont la possibilité de virer entre 100 et 35 000 shillings kényans (de 1,5 à 530 dollars) par message textuel au bénéficiaire de leur choix même s’il est sur un autre réseau. Celui-ci peut obtenir l’argent en liquide auprès d’un agent de Safaricom en utilisant un code secret et en produisant une pièce d’identité.

Des services similaires existent maintenant en République démocratique du Congo et en Zambie. En Zambie, Celpay, lié à la First National Bank of South Africa, permet aux entreprises de régler certains services et de recevoir des paiements grâce à leur compte de téléphonie mobile. Celpay traite actuellement jusqu’à 10 millions de dollars de paiements par mois.

En Afrique du Sud, cette banque travaille aussi en partenariat avec la compagnie Mobile Telephone Networks (MTN) qui offre des services aux Sud-Africains ayant déjà un compte en banque mais désirant recevoir et envoyer de l’argent en utilisant leur cellulaire.

Ces deux compagnies permettent à 500 000 Sud-Africains dépourvus de compte en banque d’envoyer de l’argent à des membres de leur famille ou d’en recevoir, de régler l’achat de produits et de services, de vérifier le solde de leurs comptes et de régler leurs factures d’électricité, d’eau et de gaz. Jusqu’à l’arrivée de ces services, les Sud-Africains versaient à des coursiers l’équivalent de 30 à 50 dollars pour livrer de l’argent liquide à leur famille. Aujourd’hui, grâce à la téléphonie mobile, ces transactions ne leur coûtent plus que 0,50 dollar.

C’est dans les zones rurales que l’impact est le plus grand, explique Beyers Coetzee de Wizzit. “Quatre-vingts pour cent des fermiers n’ont pas de compte en banque.” De plus, un compte Wizzit, à la différence d’un compte bancaire traditionnel, n’est pas clos si le client ne l’utilise pas régulièrement, ce qui est “très utile pour les travailleurs saisonniers” en particulier.

Rob Conway, directeur de l’association Global System for Mobile Communications, explique que ces innovations ont “changé la vie de millions d’Africains, eu un effet de catalyseur sur le développement économique et renforcé les liens sociaux”.

Lauri Kivinen, Directeur des affaires générales pour le réseau Nokia Siemens, pense aussi que ce développement est important : “Cela représente un changement substantiel et sans précédent pour les gens ordinaires”, a-t-il déclaré à Afrique Renouveau. Grâce aux services bancaires par téléphonie mobile, les gens peuvent “élargir leurs relations sociales et leurs relations d’affaires, accroître leur productivité et faire tant d’autres choses, tout cela en appuyant simplement sur quelques touches d’un téléphone cellulaire”.

7ème journée internationale de lutte contre la corruption

 

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la corruption, TI France, dans un communiqué co-signé par six autres organisations de la société civile (CCFD-Terre Solidaire, Les Amis de la Terre, Publiez Ce Que Vous Payez, Secours Catholique, Sherpa et Survie), a appelé les gouvernements, et notamment la France, à faire beaucoup plus pour mettre en œuvre leurs engagements anti-corruption et répondre ainsi aux attentes des citoyens du monde entier.

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Après l’échec de la Conférence de Doha, la France et ses partenaires doivent faire plus pour lutter contre la corruption

 

Paris, le 9 décembre 2009

Le 9 décembre, journée mondiale contre la corruption, marque l’anniversaire de la signature en 2003 de la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC). La dernière Conférence des Etats parties à cette Convention, qui s’est tenue à Doha en novembre dernier, s’est soldée par l’adoption d’un mécanisme de suivi des engagements des Etats très en-deçà des attentes de la société civile et des entreprises. Suite à cet échec, nous appelons les gouvernements, et notamment la France, à faire beaucoup plus pour répondre aux attentes des citoyens du monde entier quant à la pleine application des dispositions de la Convention.

 

L’échec de Doha laisse aux Etats le choix de respecter ou non leurs engagements pris au titre de la lutte contre la corruption

Les conséquences destructrices de la corruption sur la reprise de la croissance mondiale, sur le développement des pays du Sud et les autres grands enjeux du XXIème siècle tels que le climat ou l’accès à l’eau, sont aujourd’hui largement reconnus. Pour autant, la Conférence de Doha est loin d’avoir répondu aux attentes qu’a fait naître l’adoption de la Convention UNCAC en 2003.

L’échec de cette conférence est d’autant plus regrettable que l’expérience de la Convention OCDE contre la corruption avait permis de montrer l’utilité d’un mécanisme de suivi crédible1.

Le mécanisme de suivi adopté à Doha ne rend pas obligatoires les dispositions qui permettraient de garantir l’application effective de l’UNCAC. Une mobilisation internationale s’était pourtant organisée pour appeler à un mécanisme crédible, intégrant des visites de terrain réalisées par l’équipe d’évaluation, la prise en compte dans les rapports finaux des recommandations du secteur privé et de la société civile et la mise en place d’un processus transparent (rapports et contributions non-gouvernementales accessibles au public).

 Les Etats parties s’étant finalement mis d’accord pour la mise en oeuvre d’un processus facultatif, il est essentiel que les pays comme la France, qui ont milité pour un mécanisme de suivi efficace, maintiennent et accentuent leurs efforts pour que l’harmonisation des pratiques des Etats se fasse par le haut. Nous appelons les autorités françaises à montrer l’exemple en appliquant l’ensemble des dispositions facultatives, et à oeuvrer pour que les autres pays fassent de même.

 Droit des victimes de la corruption : restitution des avoirs détournés et moyens de la justice

Le rapatriement aux pays d’origine des avoirs volés aux populations, principe fondamental de la Convention UNCAC, a déjà été appliqué (pour le rapatriement des avoirs de Ferdinand Marcos aux Philippines ou de Sani Abacha au Nigéria par exemple), mais les montants restitués restent infimes au regard des sommes détournées.

 Ce principe a fait l’objet d’une résolution décevante à Doha. En effet, la résolution adoptée se contente de formules générales dépourvues de caractère contraignant. Il est pourtant essentiel d’accélérer la mise en œuvre de la restitution des avoirs détournés afin de combattre l’impunité des dirigeants corrompus tout en évitant que l’argent volé ne trouve refuge à l’étranger.

 A cet égard, l’action des Etats contre les territoires non coopératifs appliquant un secret bancaire abusif apparait déterminante. En France, l’un des moyens pour faciliter les procédures de restitution serait de permettre aux associations spécialisées d’agir en justice. Cette réforme, pour laquelle plusieurs de nos organisations militent depuis 2007, permettrait aux associations d’apporter leur concours aux populations pour rapatrier les fonds publics détournés par des dirigeants corrompus.

Toujours sur le plan national, nous soulignons par ailleurs l’importance de veiller à ce que les

magistrats chargés de l’ouverture et de la conduite des enquêtes soient totalement indépendants du pouvoir politique. Il s’agit là d’une condition essentielle pour que l’action de la justice soit engagée, y compris dans les dossiers politico-financiers susceptibles de gêner des dirigeants politiques ou économiques. Nous exprimons notre inquiétude suite à la remise, le 1er septembre dernier, au Président de la République, du rapport de la Commission Léger qui propose de supprimer le juge d’instruction et de transférer les pouvoirs d’enquête au parquet, sans renforcer l’autonomie de ce dernier par rapport au pouvoir exécutif. Le Conseil de l’Europe, dans une résolution de son assemblée générale datée du 30 septembre dernier, a exprimé la même inquiétude2. Enfin, nous invitons le législateur à prendre en compte les conséquences possibles de la suppression annoncée des chambres régionales des comptes sur la détection des affaires de corruption.

Tout en nous félicitant du fait que la France ait soutenu nos recommandations sur le mécanisme de suivi à l’UNCAC lors de la conférence de Doha, nous rappelons que de nombreux efforts restent encore à faire pour promouvoir la transparence et l’intégrité en France et à l’étranger. C’est à ce prix que la France améliorera son image en la matière3.

 1 Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions

commerciales internationales entrée en vigueur en 1999 : http://www.oecd.org/dataoecd/4/19/38028103.pdf

 2 Cf. Résolution qui appelle la France à revoir le projet de suppression du juge d’instruction afin « d’éviter (de

donner) l’impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire » :

http://assembly.coe.int/CommitteeDocs/2009/20090623_abusesJUR_E.pdf

Cf. également la déclaration commune des juges et procureurs des 47 pays du Conseil de l’Europe sur

l’indépendance des procureurs rendue publique le 20 novembre dernier :

https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1542157&Site=COE&BackColorInternet=DBDCF2&BackColorIntranet=F

DC864&BackColorLogged=FDC864

3 L’indice de perception de la corruption 2009 montre que la France occupe toujours une place moyenne par

rapport aux autres pays industrialisés : http://www.transparencefrance.

org/ewb_pages/div/Indice_de_Perception_de_la_Corruption_2009.php

Contacts presse :

Transparence-International (France) | Myriam Savy | Daniel Lebègue | 01 47 58 82 08

Association Sherpa | Maud Perdriel-Vaissière | 06 83 87 97 34

un modèle africain de succès économique et entrepreunarial.

 L’ENTREPREUNARIAT FEMININ EN PARTENARIAT STRATEGIQUE AVEC LES BANQUES :

un modèle africain de succès économique qui inspire.

Les prêts garantis permettent un meilleur accès aux services bancaires pour les femmes

Par Mary Kimani

Cet article a pour origine : « Afrique Renouveau, ONU« .

Le titre original était : L’Afrique conjugue la banque au féminin

Afrique Renouveau S-955,

United Nations New York,

NY 10017

USA

Tél : (212) 963-6857 Fax: : (212) 963-4556

E-mail : africarenewal@un.org

« Bien que les femmes possèdent près de la moitié des entreprises africaines, elles ont beaucoup de mal à obtenir des crédits »

“Nous n’attendons pas. Nous agissons”, déclare Pilda Modjadji, membre fondatrice du Forum des agricultrices Pankop (Pankop Women Farmers Forum) de Mpumalanga en Afrique du Sud. “Il s’agit pour nous d’une affaire sérieuse.”

Ce groupe, qui compte aujourd’hui 300 membres, a démarré sur le modeste projet de cultiver collectivement des arbres fruitiers et d’utiliser la récolte pour compléter le régime alimentaire des familles, leur fournir des revenus et payer les droits d’inscription à l’école pour les enfants. Mais ces femmes se sont rapidement rendu compte que le village n’offrait que de maigres perspectives d’emploi aux enfants ayant fini leurs études —ceux-ci quittaient le village pour la ville. Déterminées à créer une nouvelle source d’emplois dans le village, elles ont, avec l’accord et le soutien des chefs traditionnels et des autorités municipales, mis sur pied une petite usine de fruits et de légumes séchés.

Le projet était ambitieux et les femmes ont pensé que les prêts de microfinance traditionnels — qui se montent habituellement à entre 20 et 300 dollars — seraient insuffisants. Pankop avait besoin de l’équivalent de 100 000 dollars. Elles ont obtenu cet argent auprès de banques commerciales locales grâce aux garanties de 70 000 dollars offertes par le fonds de garantie international Thembani, une société sud-africaine fondée en 1996 par l’organisation à but non lucratif américaine Shared Interest, et par l’organisme suisse Recherches et Applications de Financements Alternatifs au Développement (RAFAD). Ces garanties donnent aux banques l’assurance que l’organisme qui a accordé ce cautionnement absorbera une partie des pertes en cas de défaillance de l’entreprise.

Avec ce premier prêt, les femmes de Mpumalanga ont transformé un ancien dortoir d’école en usine opérationnelle. Ce projet a initialement créé 65 emplois jeunes. Ensuite, grâce à un second emprunt de 120 00 dollars également avalisé par Thembani, elles ont augmenté le nombre d’employés à 200 personnes organisées en plusieurs équipes de travail posté. Leur dernier emprunt se monte à environ 1 million de dollars, dont 800 000 sont garantis par Thembani. Ces fonds leur permettront de satisfaire aux normes sanitaires et de sécurité alimentaire de l’Union européenne et de commencer à exporter leur production.

Une approche différente

Le Forum des agricultrices Pankop est le nouveau visage de la microfinance africaine. Traditionnellement, les organismes de microfinance ont souvent été des organismes à but non lucratif dépendant fortement de bailleurs de fonds, visant à financer des besoins essentiels et n’accordant généralement que des prêts modestes. Mais des fonds de capital d’investissement privés et des organismes et particuliers se livrant à des activités philantrophiques permettent de plus en plus de soutenir une offre de prêts de montants plus élevés. Ils obtiennent ce résultat en cautionnant les prêts des banques commerciales locales, ce qui réduit les risques perçus par celles-ci et les amènent à prêter des sommes plus substantielles.

Depuis sa création en 1994, Shared Interest a accordé des garanties de plus de 13 millions de dollars et encouragé les banques, les communautés de communes et les entreprises privées d’Afrique du Sud à débourser environ 100 millions de dollars en prêts. Ces prêts ont bénéficié à plus de 1 million de Sud-Africains et de Sud-Africaines aux revenus modestes. Trois quarts de ces bénéficiaires sont des femmes.

Donna Katzin, présidente de la société mère de Thembani, Shared Interest, a déclaré à Afrique Renouveau que son groupe ne se contente pas de faciliter l’accès au crédit. “Thembani choisit des projets et des partenaires, les aide à mettre au point des projets commerciaux et des plans d’affaires susceptibles d’attirer un financement bancaire, et les met en contact avec les banques qui peuvent leur ouvrir le crédit nécessaire.”

Thembani fournit également un soutien technique aux banques commerciales qui accordent les prêts. Mme Katzin note que la plupart de ces banques étaient auparavant peu portées à prêter à des acteurs économiques non traditionnels. “La plupart n’ont pas l’expérience et la formation ou ont des problèmes avec ce genre de financement. Nous espérons changer la manière dont les banques opèrent. Nous leur présentons un nouveau groupe qui a besoin de leurs capitaux.”

Changement d’échelle

Selon la Société financière internationale (SFI) du groupe de la Banque mondiale, les femmes sont propriétaires d’environ 48 % de toutes les entreprises africaines. Mais elles éprouvent des difficultés à obtenir un accès au crédit.

Des organisations non gouvernementales comme Shared Interest ne sont pas les seules à utiliser une offre de garanties pour faciliter cet accès. L’Organisation internationale du Travail (OIT) et la Banque africaine de développement (BAD) ont créé conjointement un programme de garantie de 10 millions de dollars baptisé Outil d’évaluation des entreprises féminines à fort potentiel de croissance (GOWE) géré par la BAD et la SFI. Ce programme a pour but d’aider d’ici à 2011 environ 400 femmes entrepreneurs de toute l’Afrique à obtenir l’accès au crédit. Les candidates à l’emprunt doivent pour se qualifier gérer une entreprise qui existe depuis au moins deux ans et qui possède un bon potentiel de croissance. Les candidates retenues peuvent alors emprunter entre 20 000 et 400 000 dollars, mais doivent apporter elles-mêmes une contribution de 20 % aux coûts de cette expansion.

Selon Mary Njoroge, la responsable des opérations de la SFI, “en se concentrant sur les petites et moyennes entreprises (PME) déjà établies qui recherchent des moyens d’expansion”, l’organisme espère pouvoir “accroître la proportion d’entreprises féminines qui parviennent effectivement à passer à l’échelle de la moyenne et de la grande entreprise.”

Des prêts pour assurer le succès

Au Kenya, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a formé un partenariat avec Equity Bank — un organisme de microfinance qui s’est transformé en banque commerciale — afin de mettre sur pied un fond de 81 millions de dollars destiné à offrir des prêts exclusivement aux femmes. “Nous appelons ces prêts fanikisha [“assurer le succès”] et ils constituent à ce jour l’un de nos produits les plus réussis, déclare à Afrique Renouveau James Mwangi, Directeur général d’Equity Bank. “Cinquante-quatre pour cent des clients de notre banque sont des femmes et elles ont la meilleure réputation en ce qui concerne le remboursement des emprunts.”

Les prêts fanikisha d’Equity sont basés sur une évaluation des flux de trésorerie de l’entreprise plutôt que sur un nantissement. Les clientes peuvent emprunter aussi peu que 25 dollars et jusqu’à 160 000 dollars ou plus, en fonction du remboursement de leurs emprunts antérieurs.

Au Nigeria jusqu’à récemment, des femmes compétentes ayant fait preuve de leur esprit d’entreprise et propriétaires de commerces solides ne pouvaient pas obtenir de prêts faute de pouvoir satisfaire aux exigences de nantissement ou de posséder des antécédents de crédit. La plupart des banques commerciales, connaissant peu les entreprises féminines ou les créneaux qu’elles occupent sur les marchés, pensaient qu’il était trop risqué de leur offrir des prêts.

Mais une de ces banques, Access Bank, a cependant pensé qu’elle pouvait financer de manière rentable des commerces féminins. Elle s’est adressée à la SFI qui lui a fourni une ligne de crédit de 15 millions de dollars pour des prêts à accorder spécifiquement à des propriétaires d’entreprises féminines. Ces prêts ont été accompagnés de conseils de développement commercial et de formations, afin d’aider ces femmes à enrichir leurs compétences et leurs activités commerciales.

Réduire les coûts du crédit

Au Kenya, 61 % des entrepreneurs familiaux sont des femmes, mais il y a deux décennies il leur était difficile d’obtenir les financements nécessaires à l’expansion de leurs commerces. En 1981, un groupe de femmes s’est réuni pour former la Fiducie financière des femmes du Kenya (Kenya Women Finance Trust – KWFT), un organisme de microfinance pour le prêt aux femmes. À ses débuts, KWFT faisait appel à des fonds limités de bailleurs de fonds et à des emprunts auprès des banques commerciales. Ces derniers comportaient fréquemment des taux d’intérêt élevés que KWFT répercutait sur ses clientes. Jennifer Riria, Directrice générale de KWFT, explique que l’organisme a dû faire face à de nombreuses défaillances et s’est lourdement endetté.

Mais comme les banques commerciales se sont rendu compte que prêter à des femmes pouvait être rentable, les prêts accordés à des organismes comme KWFT sont devenus moins coûteux, leur permettant d’offrir des taux d’intérêt moins élevés et d’élargir leur rayon d’action. Aujourd’hui, KWFT est le plus important organisme de microfinance pour les femmes en Afrique de l’Est et en Afrique centrale. Rien qu’en 2006, KWFT a offert 52 millions de dollars de prêts à ses clientes, gérait 16 millions de dollars de l’épargne de ses membres et plus de 200 000 comptes répartis dans sept des huit provinces du Kenya.

Accès aux assurances

Certains organismes de microfinance ont franchi un pas supplémentaire au-delà de leur simple activité de prêt. KWFT a compris que les frais médicaux d’urgence forcent souvent les femmes à puiser dans le capital de leur entreprise pour payer leurs soins de santé. La fiducie a donc lancé un programme d’assurance santé pour ses clientes et leur famille.

Pour un versement annuel de 60 dollars, celles-ci obtiennent une police qui couvre les frais d’hospitalisation, d’accident et d’obsèques. Elle leur permet aussi de toucher une allocation hebdomadaire pendant une hospitalisation et de pouvoir ainsi répondre à leurs obligations commerciales en cours. Si elles sont victimes d’invalidité, elles reçoivent une indemnité forfaitaire. C’est une innovation dans un pays où les assurances sont encore largement hors de portée pour tous ceux qui ne sont pas employés dans l’économie officielle.

Equity Bank offre à sa clientèle, en grande majorité des femmes, un service similaire. En partenariat avec British American Insurance et d’autres compagnies d’assurances, la banque fournit pour une prime mensuelle d’environ 6 dollars une assurance récolte, une assurance vie de base ou une assurance obsèques. M. Mwangi, Directeur général d’Equity, explique que les gens pauvres conservent souvent leurs économies sous des formes traditionnelles comme greniers à céréales et bétail. Mais cela les expose au risque de tout perdre si le temps ou d’autres circonstances changent défavorablement. “Individuellement, ils ne se qualifient pas pour souscrire une assurance, mais s’ils tombent malades ou s’ils perdent leur récolte, ils se retrouvent fondamentalement sinistrés.”

Les compagnies d’assurances traditionnelles ne peuvent pas offrir leurs services à des clients qui ne peuvent payer que de faibles primes, car les coûts d’administration dépasseraient souvent de tels montants. Mais quand Equity Bank a assumé ces coûts d’administration et collecté les montants minuscules de ces primes, les sommes concernées se sont révélées atteindre annuellement plus de 20 millions de dollars. En opérant comme agent de perception des primes, Equity Bank n’as pas seulement épargné aux compagnies d’assurances les coûts et les risques de la collecte de petites primes et bénéficié d’une commission, elle a aussi assuré que sa clientèle obtienne les assurances dont elle avait besoin