LES ENGAGEMENTS DU VRAI CANDIDAT AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Le processus électoral est en cours au Gabon.  Vingt trois candidats ont manifesté leur désir d’occuper le fauteuil présidentiel.  Chacun d’eux nous promet monts et merveilles.  Ils nous promettent tous un Gabon nouveau, libre et démocratique, prospère, moderne, compétitif à l’extérieur et solidaire à l’intérieur.  Leurs discours font rêver et nourrissent nos fantasmes d’une vie sans efforts et sans douleurs.  Ils nous font croire que le changement est possible.

Pour se faire élire, un homme politique est obligé de nous dire ce que nous voulons et aimons entendre.  Ils sont tous obligés de nous promettre : des routes, des écoles, la justice pour tous, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance, les facilités d’accès aux crédits bancaires pour les pauvres, une agriculture mécanisée, etc.  Les politiciens savent que le peuple n’a pas de mémoire.  La masse oublie cette maxime célèbre de Jean de la Fontaine « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ».

Aucun candidat n’osera dire, avec un ton aussi courroucé :

–          Je m’engage à ne pas rester au pouvoir pendant plus de deux mandats et surtout à ne pas changer de Constitution sur cette question même si c’est le peuple qui me le demande avec insistance.

–          Je m’engage à déclarer publiquement avant la prestation de serment tout mon patrimoine et j’imposerai à tous ceux qui travailleront autour de moi ainsi que tous les hauts fonctionnaires à faire de même avant toute prise de fonction publique.

–          Je ramènerai au moins trois quarts de mon patrimoine qui se trouve à l’étranger sur le territoire national pour donner du travail aux jeunes gabonais.

–          Je mettrai en prison tous ceux qui oseront, directement ou par personne interposée, détourner  les fonds publics.  Les crimes économiques seront passibles de peines lourdes.

–          Je demanderai désormais à tous les nouveaux riches de justifier l’origine de leurs ressources.

–          Je supprimerai tous les fonds communs, avantages et privilèges donnés à certains, et je réduirai certains salaires élevés.

–          Les étudiants à l’université ne seront  plus libres de hurler sur les professeurs.  Par surcroit, ils seront traités comme des élèves : participation obligatoire aux cours, tenue correcte aux cours et en dehors des cours, etc.

–          J’imposerai à tous les élèves et étudiants une moyenne générale de 12 pour être admis au BAC ou pour passer en classe supérieure.

–          Je ferai fouetter tous les élèves retardataires à l’école.  Les fonctionnaires doivent désormais être à leurs bureaux aux heures exigées, sous peine de sanction.

–          Les professeurs d’université seront obligés de faire des publications scientifiques tous les 6 mois.  La qualité de leur pédagogie et le contenu de leurs cours seront désormais soumis à une évaluation indépendante.  Certains seront carrément exclus de l’université.

–          J’exigerai que les enseignants, les médecins, les forces de l’ordre et les agriculteurs, soient les mieux payés.

–          J’imposerai la culture du mérite et des résultats dans l’administration publique.

–          Je supprimerai toutes les voitures administratives qui coûtent plus de 10 millions.

–          Je sanctionnerai toutes les entreprises qui font des routes qui ne durent que trois mois.

–          Je supprimerai toutes les fêtes nationales au cours desquelles on dépense des milliards pour acheter des gadgets (pagnes, montres, champagnes, tee-shirts, etc.) au lieu de construire des écoles.

–          Je permettrai à la société civile et aux journalistes de dénoncer la gabegie financière dans la sphère publique.  Les avis du Conseil Economique et Social et ainsi que ceux de la Cour des Comptes seront traités comme recommandations au Parlement et soumis au Gouvernement, après avis des experts, pour leur mise en œuvre.

–          J’imposerai l’hygiène publique à tous les citoyens et j’associerai les entreprises et le génie militaire à la propreté de la ville.

–          Je supprimerai tous les groupes d’animation qui font des femmes des objets de plaisir pour les yeux des hommes.

–          J’interdirai avec fermeté aux mineurs non accompagnés et aux professionnels de sexe de se retrouver dans les rues de 20h à l’aube.

–          J’associerai la société civile à la définition des priorités d’investissements publics dans chacune des provinces.

–          Je soumettrai le budget et les dépenses des administrations à une discipline rigoureuse.

–          Je ferai en sorte que le jus puisse coûter moins cher que la bière.

–          J’interdirai aux églises, associations, vendeurs de boisson, boites de nuit, etc. tout tapage nocturne susceptible de perturber le sommeil des paisibles citoyens et de nos chers élèves.

–          Je m’impliquerai personnellement dans la surveillance de l’exécution des travaux publics et j’inviterai la société civile à le faire en rendant publique les cahiers des charges.  Les contrats entre les grandes entreprises et le pays seront désormais accessibles sur Internet.

–          Je réduirai le gouvernement pléthorique actuel à douze personnes pour plus d’efficacité et la réduction du train de vie de l’Etat.

–          Je mettrai fin à la géopolitique locale et  les nominations au sein du gouvernement ne se feront uniquement que sur la base des compétences, de l’expérience, de l’expertise et des résultats escomptés.

–          J’interdirai à tous les fonctionnaires d’être actionnaires dans des entreprises privées pour éviter des conflits d’intérêts.  Je leur interdirai également la possibilité de faire un cumul de responsabilités par le biais des conseils d’administration de grandes entreprises étatiques, para-étatiques et privées.

–          J’imposerai, pour des raisons de transparence,  à tous les services administratifs de mettre sur Internet en temps réel le niveau de leurs dépenses.

–          J’ordonnerai aux administrations des collectivités locales de rendre compte de leur budget aux comités populaires et d’associer ceux-ci à l’élaboration du budget prévisionnel et à sa mise en œuvre.

–          J’imposerai à tous les commerçants des normes strictes relatives à la santé des consommateurs.

–          Je consommerai « gabonais d’abord » en commençant par faire coudre tous mes habits au Gabon pour donner de l’emploi aux jeunes gabonais.

–          Les pilleurs et leurs complices, les magouilleurs et leurs instigateurs, les contrefacteurs de la monnaie et des actes administratifs ainsi que leurs victimes, les fossoyeurs de l’économie nationale,… seront déclarés « adversaires-à-vie » de la république et punis de servitude pénale.

–          Je ferai établir une charte de valeurs à adopter et une liste renouvelable d’anti-valeurs  à rejeter par tous nos compatriotes et les étrangers qui vivent sur le territoire national pour faciliter la cohésion sociale.

Je reste convaincu qu’un tel candidat sera traité de populiste, d’idéaliste, d’amateur, de rêveur et de non pragmatique.  Un tel candidat inspire la méfiance à tous les lobbies qui contrôlent le monde des affaires, l’environnement religieux, les circuits de la drogue, la soi-disant coopération internationale et  le politiquement correct.  Et pourtant nos pays ne peuvent pas avancer si nous ne nous imposons pas une certaine discipline.  L’anarchie et l’impunité sont source de régression sociale, de stagnation économique, d’asphyxie politique, d’immobilisme idéologique et technologique,…  Il y a un prix à payer pour construire un pays.  Il est plus facile de bâtir des murs que de construire des hommes.

Cette liste d’exigences éventuelles pour aller vers le développement socio-communautaire  et atteindre les Indices du Développement Humain n’est pas exhaustive.  Elle n’est qu’à son début.  Nous pouvons la réécrire ensemble.  Tant que les candidats aux élections présidentielles n’auront pas le courage de nous dire la vérité et rien que la vérité, ne rêvons pas du changement.  Tant que les candidats ne s’engageront pas à changer radicalement  les pratiques courantes dans nos pays, les élections ne servent à rien.  Elles permettent uniquement à quelques commerçants et divers intermédiaires d’avoir des marchés juteux en gadgets et publicité mensongère. Si nous ne prenons pas notre vie en main par des résolutions courageuses et audacieuses, nous  continuerons à croupir dans la misère.  C’est peut-être cela que nous méritons.

Père Jean KAZADI  KATUMBAY, consultant en planification stratégique.

Vous pouvez améliorer la liste des changements qui s’imposent en réagissant à cet article sur internet sur le site  https://conseilsgratuits.wordpress.com/ .  Nous souhaitons à long terme qu’une charte africaine des élections africaines soient adoptées au niveau de l’Union Africaine.  Vous pouvez aussi nous écrire à l’adresse suivante : conseilsgratuits@gmail.com

 

 

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6 Réponses

  1. houaaa, quelle intelligence, père Jean.

  2. Merci pour cet article qui regorge d’intentions louables mais a la difference des autres intervenants je crois que vous ne dites pas ce qui essentiel. Vous passez loin du coeur du probleme: le SYSTEME DANS LEQUEL NOUS SOMMES IMPLIQUES, AVEC OU SANS NOTRE ACCORD.
    Le systeme mondial encore pour l’essentiel dans les mains occidentales (on commence a vivre les debuts de son affaiblissement et du passage du pouvoir vers l’asie…) fonctionne dans l’unique objectif de sauvegarder sa suprematie. Toutes les organisations dites internationales, les concepts definissant le bien et le mal travaillent dans cet unique objectif. Dans cette optique l’Afrique ne doit jouer qu’un role de pourvoyeurs de tout ce dont l’occident chretien a besoin, d’ou le controle des matieres et energies par les grands trusts, le controle mental par les religions et groupes sectaires divers (qui se battent entre eux pour le leadership mais sont d’accord pour l’essentiel, c’est a dire la domination des non blancs en general et des noirs en particulier), et le controle des contenus dans l’enseignement. La politique n’echappe pas bien sur a cette dominat5ion car elle permet l’organisation de la « cite ». Dans ce cadre les Occidentaux ont surtout besoin chez nous de metayers qui acceptent une organisation globalement extravertie et l’argent et les honneurs sont mis a la disposition de ceux et celles qui acceptent ce postulat. Pour les autres, assassinats et coup d’etat sont la pour regler les pendules a la bonne heure. D’autres part la bonne gouvernance est une de leurs multiples notions vide de sens et dirigee specifiquement contre les pays d’Afrique et les pays dits pauvres (en realite « appauvris » est le terme le plus convenable) pour les enfermer dans des conditionnalites de toutes sortes s’ils veulent avoir un peu de LEUR argent pour ne pas mourir de faim! L’actualite avec la faillite des systemes bancaires (bientot vous comprendrez qu’elle a ete organisee mais je reviendrais plus longuement sur cette question) montre que la corruption la plus brutale au monde est bien en Occident, y compris dans tous les grands organismes dits internationaux et pretendumment faits pour aider les populations appauvries…
    La corruption chez nous en Afrique, essentiellement dans les marches publics et qui s’etend a toutes les composantes de la vie est la consequence logique du role que doivent jouer « nos dirigeants » dans cette vaste escroquerie planetaire. C’est pour cela que vos voeux resterons pieux et si quelques dirigeants veulent changer la donne, ils se heurteront aux grands trust et institutions dites internationales comme on le voit au Venezuela en particulier et dans toute l’amerique du sud qui quoiqu’on en dise commence a se liberer du joug des organismes dits internationaux comme le FMI, la Banque Mondiale, l’UNICEF, l’OMS etc, etc…
    C’est pour cela que vos voeux ne pourront pleinement s’appliquer car l’environnement qui leur donne naissane redoublera de vigueur. Il faut deja produire un discours alternatif et eduquer les masses dans ce sens. Je m’etendrais sur ce sujet lorsque l’ocasion sera donnee, mais je vous le demande: croyez vous qu’un seul candidat au Gabon est pres a remettre en cause le pacte colonial qui regit nos relations avec l’occident et ici en l’occurence avec la France? Je vous propose une seule question a tous les candidats: doit on retrouver une souverainete monetaire en sortant du joug du franc cfa fait pour enrichir la France et non l’Afrique? Je doute que vous ayiez une reponse et pourtant de cet etat de fait naissent plusieurs actions corruptives…
    La responsabilite, la capacite a instruire la jeunesse sur les bonnes moeurs demeure un discours creux sans les moyens, ce que ne permet pas le systeme actuel qui a besoin de la corruption dans nos pays pour se perpetuer, et donc des relais locaux pour la mettre en place. Des relais locaux bien entendu sans foi ni loi comme Bongo et beaucoup d’autres.

  3. UN COMMENTAIRE D’ALPHEE MPASSI
    Bonjour
    Je voudrais juste vous exprimer ma grande satisfaction quant à la pertinence de votre article. Du courage.

    Alphée MPASSI

  4. Bonjour P. JEAN,

    Je souscrit votre réflexion de cette charte de bonne conduite mais un aspect qu’il faut ajouter est le refus des dirigeants africains d’adhérer au développement face aux exigeances de l’heure. Un autre facteur, est la considération par nos dirigeants du patrimoine commun comme un héritage légué par leurs ancestres alors que c’est un patrimoine de tout le monde d’accéder au bien être social et économique.

    Enfin, l’aspect gouvernance qui est un projet de développement n’existe pas dans la mentalité de nos dirigeants à tous les niveaux. L’aspect moral et le sens de bien commun ne constituent pas leur préoccupation , d’où nous assistons à une société africaine en dérive qui va vers l’époque de la pierre taillée.

    Je crois que la société civile a un rôle moteur à jouer pour faire échec à ce type de femmes et d’hommes qui refusent le développement et les droits pour toutes les communautés d’accéder aux bénéfices communs.

    José IKONGO

  5. Merci Jean pour cette charte de bonne conduite et pour les dirigeants politiques et pour le peuple qui les élit. Je te rejoins en affirmant que la principale voie de sortie du blocage actuel des sociétés africaines, est une conversion éthique au sein des institutions de l’État, des Églises et de la société civile. Sans ce  »tournant éthique » notre déchéance va se poursuivre fatalement. Bonne continuation dans ce cadre intellectuel d’agir communicationnel que tu nous propose. Merci. Benoît Awazi Mbambi Kungua.

    • Bonjour, Père Jean.

      Merci pour ces quelques éléments de réflexion à partager ensemble, après une lecture sommaire de votre article.
      Je suggère aussi que les prétendants au fauteuil de la présidence s’engagent :
      A construire des internats munis des salles de lectures et de cybers , dans les lycées et collèges pour toutes les catégories d’élèves (ceux dont les parents sont démunis et ceux dont les parents sont aisés) .
      A instaurer la discipline comme matière à notation .
      A interdire fermement la fréquentation des cyber en dehors de leurs établissements respectifs.
      car pour moi, ce serait le point de départ d’une responsabilisation de cette jeunesse qui de jour en jour est en déperdition .
      j’ai été pris de cours ce matin et c’est pour celà que je réagis à chaud à votre article.
      Je reviendrai certainement plus tard , après avoir tout lu en profondeur.
      Bonne journée.

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