TECHNIQUES POUR CONTROLER ET MANIPULER LA POPULATION

TECHNIQUES POUR CONTROLER ET MANIPULER LA POPULATION

La stratégie de la diversion

Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. “Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux.” (Extrait de “Armes silencieuses pour guerres tranquilles”)

Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée “problème-réaction-solution”. On crée d’abord un problème, une “situation” prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en “dégradé”, sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme “douloureuse mais nécessaire”, en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que “tout ira mieux demain” et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

S’adresser au public comme à des enfants en bas-age

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro (“les jours euro”). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? “Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans.” (cf. “Armes silencieuses pour guerres tranquilles”)

Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. “La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures.” (cf. “Armes silencieuses pour guerres tranquilles”)

Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver “cool” le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le “système” est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Auteur Inconnu

mains propres

Avoir les mains propres, c’est vital aussi pour la démocratie !

Dans le cadre de notre campagne de plaidoyer pour la démocratie planétaire, nous lançons  une action de mobilisation visant à prendre appui sur la Journée mondiale pour le lavage des mains. Célébrée chaque 15 octobre depuis 2008, elle a pour objectif de sensibiliser les populations aux conséquences, souvent dramatiques, d’une mauvaise hygiène des mains, notamment pour les enfants des pays en développement.

http://www.globalhandwashingday.org/

A l’occasion de cette journée, nous souhaitons attirer l’attention sur d’autres virus, dangereux pour la démocratie, qui minent la confiance des citoyens en leurs institutions : la corruption, l’opacité de certaines décisions publiques, le manque d’indépendance de la justice, les conflits d’intérêts…

Si vous aussi, vous voulez lutter contre ces maladies qui gangrènent la démocratie et promouvoir une véritable éthique de l’action publique, nous vous invitons à :

- Afficher votre soutien à cette campagne et changer vos photos de profil sur les réseaux sociaux en les remplaçant par des photos de vos mains propres

La crise de confiance des citoyens envers leurs institutions atteint des niveaux record qui mettent en péril les fondements mêmes de notre contrat social.

Il est urgent de réagir ! Et il est urgent de le faire en sortant de cette situation par le haut

A l’occasion de cette journée, Transparence International France vous invite à combattre d’autres virus, dangereux pour la démocratie, qui minent la confiance des citoyens en leurs institutions et qui contaminent l’action publique 

Transparence International France

41, rue Ybry

92 200 Neuilly sur Seine

Tél : +33 1 55 61 37 90

UNIVERSITE GRATUITE

Le M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) publie la totalité de ses cours universitaires gratuitement en ligne.

Cela s’inscrit dans son programme de diffusion de ses contenus en ligne, l’OpenCourseWare (OCW). Les 1800 cours de la célèbre université américaine seront ainsi disponibles, gratuitement et sans aucune inscription. L’objectif poursuivi est d’utiliser l’Internet comme  l’un des meilleurs moyens de faire progresser l’éducation dans le monde.

Elle est la première université américaine qui offre la totalité de ses cours.

Le M.I.T. offre plus de 1550 cours en ligne et le site reçoit plus de 1,5 millions visites mensuelles provenant du monde entier (dont 60% hors des Etats-Unis). Evidemment la grande partie est comme d’habitude en anglais mais aussi en espagnol, en portugais et en chinois (simplifié et traditionnel) (2). Quelques uns sont traduits en thaïlandais.  Il est prévu que certains de ces cours soient traduits en Français mais apparemment la traduction n’est pas encore disponible.  Pourquoi ?.  La majorité des cours sont en PDF mais on trouve également des fichiers audio et vidéo.

La finalité de ces cours n’est pas d’attribuer des titres universitaires mais de favoriser l’interaction et « humaine » poursuivait-il. Le but n’est en aucun cas de remplacer des études « classiques », mais « de fournir du matériel gratuit pour les enseignants, les étudiants et les autodidactes du monde entier ».

L’Union Africaine devrait prendre conscience que la démocratisation du savoir par sa diffusion libre et gratuite accélérerait le développement du continent.  Les dirigeants africains doivent nécessairement repenser le modèle universitaire actuel et ses moyens de travail.  Cliquez sur le lien qui suit pour accéder aux cours :

http://ocw.mit.edu/courses/

STEVE JOBS

VIVRE DE MANIERE REALISTE

 

Voici l’un de plus beaux textes qui puisse exister sur terre.  No comment. Read only.
   
« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde.    Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste 3 expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université !»

  
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au  Reed College au bout de six mois, mais  j’y suis resté auditeur libre pendant  dix-huit mois avant de laisser tomber  définitivement.

    
Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?

   
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs.

  
Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. »
   
 Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.

   
17 ans plus tard, j’entrais donc à l’université.     Mais j’avais naïvement choisi    un établissement presque aussi cher que  Stanford, et toutes les économies de mes  parents servirent à payer mes frais de  scolarité.     Au bout de 6 mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant.

    
Je décidai donc de laisser tomber.

   
Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
   
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal.

   
Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir.  Laissez-moi vous donner un exemple :

   
le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoire, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie.

  
C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science.  J’étais fasciné.

   
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie.  Pourtant, 10 ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac.     Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels.
   
Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait.  Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
   
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

   
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »

   
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais.

   
J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve  Wozniak, le co-fondateur d'Apple  N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans  le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, 10 ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
   
C’est alors que je fus viré.
   
Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien.

   
Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes. 

  
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé - d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley.

   
Puis j’ai peu à peu compris une chose - j’aimais toujours ce que je faisais.  Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit,
mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.

   
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.

   
Pendant les 5 années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story, est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple.

   
Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.    Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer.

   
Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

   
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie ? »

   
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. »

    
Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les 33 années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.

  
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel.

  
Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu.  Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

   
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas.  Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie :

 
« Préparez-vous à mourir. »

   
Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les 10 prochaines années. Ce qui signifie essayé de faciliter les choses pour votre famille.  En bref, faire vos adieux.
   
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin.
J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie.  On m’a opéré et je vais bien.

   
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous.  Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux.

   
C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité. Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre.

   
Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

   
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole  Earth Catalog, l’une des bibles de ma  génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid.    C’était une sorte de Google en livre de poche, 35 ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

   
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth  Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure.

   
Dessous, on lisait :       « Soyez insatiables. Soyez fous. ».     C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous.    C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.      Soyez insatiables. Soyez fous.  Merci à tous.»

   
  Steve Jobs 1955-2011

POURQUOI L AFRIQUE VA MAL?

ENTREVUE EXCLUSIVE DU Pr. Benoît Awazi Mbambi Kungua.

 

 

ENTREVUE EXCLUSIVE 

 

Le postcolonialisme en Afrique intéresse plusieurs universitaires et auteurs du continent. C’est le cas du Pr. Bénoît Awazi Mbambi Kungua originaire de la RDC qui réside à Ottawa au Canada. Ce dernier est aussi président du Centre de recherche pluridisciplinaire pour les communautés d’Afrique et de diasporas(Cerclecad) basé dans la capitale canadienne.  Le Pr. Bénoît Awazi donne son point de vue sur les problèmes africains. 

 

  Bonjour Pr. Bénoît Awazi. Vous venez de publier chez l’Harmattan un essai intéressant qui a pour titre: ” De la postcolonie à la mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine”. Qu’est-ce qui a motivé d’écrire cet ouvrage? 

 

B.A- Cette recherche pense la crise africaine contemporaine dans le but d’établir une étiologie convaincante, avant de mettre en œuvre des stratégies de sortie de la crise protéiforme et multidimensionnelle qui paralyse les sociétés africaines postcoloniales, en se répercutant aussi dans les diasporas africaines du monde occidental. Une auscultation pluridisciplinaire des sociétés africaines contemporaines montre un processus de stratification, de concaténation, de sédimentation et de complexification de la crise africaine. La crise peut se comprendre comme le résultat d’un télescopage (collision) entre des trajectoires historiques, des temporalités diverses, des logiques politiques prédatrices et kléptocratiques, des dynamiques sociales et religieuses qui se déploient simultanément dans les sociétés négro-africaines. Ce processus accru et continu de complexification et de concaténation de tous ces ingrédients explosifs de la crise m’a obligé de recourir à une méthodologie hybride qui se déploie comme une combinatoire de deux démarches heuristiques : 1. La méthode volcanique, sismique, éruptive et explosive et 2. La méthode phénoménologique et herméneutique. C’est ce processus de forage phénoménologique, tellurique et sismique qui m’a permis de situer l’épicentre de la crise négro-africaine contemporaine dans la prolifération terrifiante des croyances et des pratiques relatives au paradigme politico-religieux de la « Sorcellerie ». Ces deux méthodologies (éruptive et phénoménologique) m’ont montré un processus de concaténation de 3 couches de la crise (1. L’échec de la postcolonie, 2. L’échec de la mondialisation néolibérale, 3. La prolifération des pathologies irrationnelles et spirituelles attenantes au paradigme étiologique de la sorcellerie. Ces trois strates de la crise africaine se cristallisent autour de la généralisation de la « Sorcellerie » dans les sociétés africaines contemporaines. En prenant l’analogie avec les mouvements sismiques, je peux considérer la sorcellerie comme l’épicentre des crises négro-africaines contemporaines. 

 

Le recours à la démarche phénoménologique vise en contrepoint la radicalisation et la cristallisation du processus d’émergence des Africains comme « sujets, acteurs et auteurs » de leur histoire et de leur destin dans un monde régi et propulsé vers le chaos par les logiques prédatrices, mercantilistes et génocidaires de la mondialisation néolibérale, où toute parcelle d’être est réduite à la seule logique marchande. Malheur aux peuples des pays faibles et dominés par les grandes puissances militaires et capitalistes qui imposent leurs lois et leurs intérêts sur le reste du monde. Je termine en signalant que la démarche phénoménologique pense le processus d’émergence du sujet (de la conscience du sujet) dans la temporalité et le sens que le sujet donne au procès de sa constitution dans sa temporalité finie. Il s’agit plutôt d’une phénoménologie qui se veut en même temps, une herméneutique éthique, théologique et politique des crises négro-africaines contemporaines. Mais cette herméneutique est propulsée par la volonté d’une radioscopie (auscultation) éthique et politique des désastres et turpitudes des Africains dans leur gestion chaotique et nécropolotique des sociétés africaines postcoloniales. Ma recherche vise ultimement la promotion d’un leadership intellectuel et éthique dans les sociétés africaines contemporaines, leadership sans lequel nous allons passer encore 50 autres années de chaos et de régressions sur tous les aspects de la vie dans les sociétés africaines postcoloniales. 

 

Pourquoi votre intérêt pour le post colonialisme. Est-ce que vous avez été influencé par d’autres théoriciens du post colonialisme à l’exemple du Pr. Achille Mbembe?  B.A- Évidemment, aucun penseur ne peut penser de nulle part (ex nihilo). J’ai évidemment lu les travaux d’Achille Mbembe et de bien d’autres penseurs des « Postcolonial Studies » dans le monde, et je me suis appuyé sur certaines  de ces intuitions majeures, mais pour les radicaliser en opérant une transmutation de paradigme dans la critique éthique, politique, philosophique et théologique des sociétés africaines postcoloniales. Parmi les intuitions d’Achille Mbembe je mentionnerai : 1. la nécessité épistémologique de mettre l’emphase sur les lectures autochtones et autonomes que les couches populaires effectuent de l’aggravation de la crise postcoloniale dans des régimes nécropolitiques et nécrocrates dont la finalité ultime consiste à tuer des citoyens (Afrique indociles. Christianisme, Pouvoir et État en société postcoloniale, Karthala, Paris, 1988), l’étreinte érotique ou mieux le partage de la même épistémologie du pouvoir, de la politique du ventre, de la lubricité, de l’esthétique de la vulgarité et de l’ostentation entre les autocrates et les foules qui les courtisent pour pouvoir manger ou échapper aux technologies meurtrières ou thanatocratiques qui caractérisent les « démocratures nègres postcoloniales » (De la Postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Karthala, Paris, 2000) et enfin, la recherche des voies et moyens pour l’advenue d’une politique de l’épanouissement de l’humanité des Africains qu’il désigne par les deux expressions de « la montée en humanité » et de la « déclosion du monde ». Il vise la promotion d’une nouvelle modernité africaine qu’il qualifie « d’Afropolitaine », dans son dernier essai : Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée, La Découverte, Paris, 2010. 

 

Cela étant dit, mon ouvrage radicalise ces intuitions et opère une transmutation de paradigme épistémologique dans l’auscultation de la crise africaine, en adoptant une méthode hybride (volcanique et phénoménologique). En faisant de la sorcellerie l’épicentre ou le paradigme étiologique et holistique à partir duquel une compréhension holistique des crises africaines peut advenir, j’ai ouvert de nouvelles pistes de compréhension endogène des crises africaines, sans pour autant minimiser les responsabilités des forces exogènes qui étranglent les Africains à l’aube de ce XXIème siècle. La sorcellerie comme fait social total permet d’avoir une compréhension endogène et holistique des crises africaines contemporaines, car elle se situe aux interstices du politique, du religieux et du symbolique, dans les stratégies populaires de survie face à l’aggravation des logiques nécrocratiques des dictateurs africains. La prolifération des Églises du réveil partout en Afrique et dans les diasporas d’Europe et d’Amérique du Nord, à la faveur de la montée des formes pathologiques et irrationnelles de religiosités populaires, constitue un défi massif posé à l’intelligence africaine au début de ce siècle. En m’adossant à ce phénomène massif et incontournable dans les communautés noires du monde, ma recherche s’est appuyée sur une méthodologie pluridisciplinaire dans la quête des stratégies efficaces de guérison holistique des Africains. Le but ultime étant d’éradiquer ou mieux de déconstruire ces formes irrationnelles et pathologiques de religiosités populaires, qui obèrent le processus d’irruption et d’auto-promotion des Africains comme seuls sujets, acteurs et auteurs de leur destin collectif dans un monde qui n’a de « dieu » que l’accumulation capitaliste par le déploiement des logiques prédatrices, impériales et génocidaires. Tant pis pour les pauvres et les milliards d’êtres humains exclus de facto de ce gigantesque réseau commercial mondial. Mon ouvrage vise la promotion d’un leadership éthique basé sur la rigueur méthodologique dans l’analyse des crises négro-africaines, l’exigence d’une posture épistémologique pluridisciplinaire, et la prise en considération du paramètre religieux à l’intérieur duquel les Africains analysent leurs crises et cherchent des stratégies de sortie de crise. C’est l’oubli de la prépondérance des logiques religieuses dans les sociétés africaines qui a conduit la plupart des Africanistes européens dans des conclusions complètement erronées, obsolètes et néocoloniales dans leurs publications. C’est la raison pour laquelle mon ouvrage a commencé par une « gigantomachie » que j’ai livrée à quelques uns d’entre eux, dont le paroxysme a été atteint quand j’ai commencé dès le premier paragraphe du premier chapitre par défaire et démolir la fable raciste, esclavagiste et haineuse de Stephen Smith dans son pamphlet dégoûtant : Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, Calman-Lévy, Paris, 2003.             En menant courageusement cette bataille intellectuelle avec certains Africanistes de Paris, je voulais montrer les enjeux de pouvoir et les enjeux de manipulation idéologique dans les productions scientifiques de certains Africanistes occidentaux, qui persistent dans la promotion des savoirs éculés façonnés par les schèmes intellectuels de l’ethnographie raciste et coloniale du XIXème siècle, selon laquelle les sociétés et cultures africaines se trouveraient au bas de la stratification des races et des cultures, arbitrairement établie par les philosophes eurocentristes et racistes (Gobineau, Hegel, Husserl etc.) du XIXème siècle. L’un des défis que les intellectuels africains ont à relever aujourd’hui, se situe simultanément dans le champ du discours  savant sur l’Afrique (Afrodiction) et de l’écriture de l’Afrique (Afrographie) par les différents acteurs voulant monopoliser tous les leviers de domination symbolique et matérielle sur les sociétés africaines contemporaines. 

 

Est-ce que nous pouvons savoir les années qu’il a fallu pour achever ce travail intellectuel qui exige une certaine rigueur en sciences sociales? 

 

B.A- Vous me posez une question cruciale, car avant d’y répondre, je tiens à paraphraser un grand intellectuel camerounais, que je considère comme un de mes maîtres, le père Engelbert Mveng. Il disait que, « compte tenu des régimes bestiaux, anti-intellectualistes et ignares qui nous dirigent, il est demandé aux intellectuels africains de devenir autodidactes tout au long de leurs vies, car il n’y a que peu d’Africains qui accèdent à un niveau d’érudition élevée. Donc chaque chercheur africain doit aspirer in actu exercito, à la pluridisciplinarité pour combler le manque criant de combattants dans la bataille intellectuelle sur l’énonciation scientifique de l’Afrique (Afrodiction et Afrographie) dans la géopolitique mondiale. Par là je veux dire que cet ouvrage m’a pris une dizaine d’années pour être achevé, non pas en y travaillant chaque jour, mais seulement quelques week-ends et durant les vacances, car mes journées sont occupées par l’enseignement aux fonctionnaires du gouvernement fédéral du Canada, et cela n’a rien avoir avec ma formation initiale (Philosophie, Sciences Sociales et Théologie), mais aussi cela ne me laisse que peu d’heures par jour pour poursuivre le travail ardu et austère de recherches dans les bibliothèques universitaires et d’écriture. En faisant ce long détour pour te répondre, je tiens juste à dire à nos lecteurs qu’écrire aujourd’hui pour les intellectuels africains (qu’ils soient en Afrique ou dans les diasporas) qui vivent pour la plupart d’entre eux dans des conditions précaires, relève de l’abnégation, du sacrifice et l’auto-dépassement. Au moment où je vous écris ces lignes, je tiens à vous dire que j’ai une dizaine d’autres manuscrits sur l’Afrique, la philosophie, les sciences sociales et la théologie qui sont en chantier et qui n’avancent pas comme je l’aurai voulu, à cause du manque de temps disponible, devant comme tout citoyen vaquer aux occupations obligatoires pour me conformer aux impératifs consuméristes de paiement des factures, des hypothèques et des cartes de crédit que le réseau tentaculaire néolibéral m’impose. Mais je fais de mon mieux et je ne regrette rien. 

 

Vous êtes un observateur averti des problèmes africains. Quel est votre point de vue au sujet de la crise post électorale en Côte d’Ivoire et du dénouement de cette crise ivoiro-ivoirienne qui a vu l’implication d’autres acteurs internationaux, notamment la France et les Nations unies?  

B.A- La crise en Côte d’Ivoire corrobore dans les faits les analyses théoriques et pratiques que j’ai faites dans mon ouvrage sur les 3 échecs qui caractérisent la situation politique des pays africains soi-disant « indépendants » : échec cuisant de la gestion autochtone de la postcolonie, échec de l’intégration dans la mondialisation néolibérale et enfin, échec qui se manifeste par l’omniprésence des croyances et des pratiques  relatives à la sorcellerie dans l’espace domestique et public, aussi bien Afrique que dans les diasporas occidentales. L’intervention de la France et des Nations Unies n’a été possible que par le manque criant d’un leadership politique et éthique fort, non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans la quasi-totalité des pays africains postcoloniaux. Il s’agit aussi d’un échec pathétique et cinglant des « intellectuels africains », incapables pour la plupart d’entre eux, de promouvoir un leadership réticulaire basé sur la probité éthique et la probité intellectuelle dans l’analyse objective des problèmes politiques et économiques des pays africains. Mais tous ces échecs s’expliquent en grande partie par la généralisation, puis l’aggravation des schèmes pathologiques du tribalisme, de la politique du ventre et du fanatisme idéologique, qui empêchent les intellectuels africains de poser un diagnostic honnête, objectif, profond et judicieux des crises qui paralysent les sociétés africaines postcoloniales. Si les Ivoiriens étaient des sujets responsables de leur destin il n’y aurait ni les troupes françaises dans leur territoire ni la satellisation des infrastructures économiques du pays par les entreprises et hommes d’affaires français qui se comportent en « terrain conquis », étant donné les forces de dissuasion militaire déployées par la françAfrique de Nicolas Sarkozy, et qui ont montré leur supériorité militaire incontestable pour en découdre,  capturer et humilier aux yeux du monde entier le président Laurent Gbagbo et sa femme Simone. Je signale en passant que c’est Félix Houphouët Boigny, le père de la nation ivoirienne, qui fut le créateur de ce concept de « FrançAfrique » pour poursuivre une collaboration privilégiée avec l’ancienne puissance colonisatrice du général De Gaulle. Mais cela s’est traduit dans les faits par l’émergence d’un réseau tentaculaire et criminel où les présidents français et les autocrates africains (Houphouët, Bongo père et fils, Léon Mba, Bokassa, Eyadema père et fils, Mobutu, Didier Ratsiraka. Obiang Nguema, Sassou NGuesso, Biya, Blaise Compaoré,…) vivent dans la corruption réciproque et l’immoralité la plus sordide. J’ai dit qu’il s’agit d’un échec de l’intelligence en Afrique, mais il faudrait que je précise qu’il s’agit aussi d’une absence totale de leadership éthique et d’hommes politiques d’envergure en Afrique. Aussi bien les intellectuels que les hommes politiques continuent à penser et à agir selon les impératifs alimentaires de la politique du ventre et les solidarités mécaniques de la pathologie ethnotribale. Les populations sont ainsi manipulées par des politiciens et des intellectuels véreux, corrompus et incompétents qui n’ont de dieux que leurs ventres et leurs bas-ventres. Devant la généralisation de cette épistémologie alimentaire, sinistre, obscurantiste et tribale dans les sociétés africaines postcoloniales, il est fort à craindre que les 50 années qui viennent après l’échec cinglant du premier cinquantenaire des « indépendances politiques » de pacotille, soient marquées par la régression des sociétés africaines sur tous les plans de la vie sociale : politique, économique, sanitaire, intellectuelle et religieuse. Les fragilités chroniques de l’Afrique par rapport à la volonté de puissance et aux logiques mercantilistes du capitalisme mondial depuis le XVIème siècle ne feront malheureusement que s’intensifier avec des millions d’Africains qui mourront de faim, de manque de soins, et surtout de la généralisation des guerres d’exploitation de matières premières pour faire fonctionner les industries et entreprises de la mondialisation néolibérale. 

 

Le Maghreb a été en ébullition démocratique depuis les manifestations de décembre 2010 en Tunisie. C’était  le début du printemps arabe qui n’a pas épargné un  pays du Proche Orient comme la Syrie. Quelle est votre analyse de cette volonté d’aspiration des citoyens des pays arabes à la démocratie et la liberté d’expression? Est-ce que ce vent pourrait souffler en Afrique noire cette année où plusieurs pays organisent des élections présidentielles ? 

 

B.A-    Oui ce que nous appelons le printemps arabe constitue un  tsunami qui va faire chavirer les dictatures sanguinaires et corrompues en Afrique subsaharienne. Je signale que tout a commencé par le jeune tunisien Boizizi qui s’est immolé par le feu, suite au chômage chronique qui frappe une grande partie de la jeunesse tunisienne. Mais c’est surtout les brutalités des policiers qui ont saccagé sa boutique qui l’ont poussé à commettre cet acte de désespoir et de dépit. Depuis cet acte héroïque et révoltant, les dictatures arabes ont été sérieusement ébranlées par les répliques de ce tsunami. Même une dictature militaire aussi féroce que de la Syrie de El Hassad, est en train de subir en plein cœur les craquements dus à cette déferlante de révoltes arabes.          Au sujet des pays de l’Afrique subsaharienne, il n’y a pas un scénario univoque, mais plusieurs scénarii qui dépendront de la maturité politique et intellectuelle de chaque pays. Je me lance, à mes risques et périls, dans quelques pronostics et conjectures : 

 

1.     Nous venons de voir comment le peuple sénégalais a fait reculer l’autocrate Wade le 23 juin dernier, qui voulait changer la constitution pour faciliter la prise de pouvoir de son fils Karim Wade (candidat désigné de la FrançAfrique de Nicolas Sarkozy). Mais personne ne pouvait pronostiquer les révoltes du peuple sénégalais, jusqu’à obliger l’autocrate Wade à reculer devant la détermination coriace et farouche du peuple sénégalais, que plusieurs jugeaient, à tort, comme mou et vendu ad vitam aeternam aux prétentions hégémoniques de la françAfrique de Nicolas Sarkozy, qui prononça un « discours raciste et insultant » pour tous les Africains, en mai 2007, dans les locaux de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une telle humiliation ne pourra jamais se produire dans le monde arabe où les hommes ont des couilles à la place qu’il faut. Je rappelle en passant l’Irakien qui avait à deux reprises tenté d’atteindre la tête du président George Bush, l’homme prétendument le plus puissant au monde, avec sa paire de chaussures. 

 

2.     La République démocratique du Congo (RDC), mon pays, malgré ses potentialités humaines et économiques, est parmi les pays les plus misérables de la planète et dont la vitalité intellectuelle tend vers zéro. Mais je dois quand même signaler une grande tradition de résistance populaire contre les dictatures de Mobutu et de tous les autres autocrates qui l’ont suivi. Cette résistance populaire farouche se poursuit aujourd’hui par les activistes et défenseurs de droits de l’homme, dont la plupart continuent d’être assassinés (Chebeya, etc) sous nos yeux. Je dois aussi rendre hommage à toutes les victimes congolaises qui ont osé défier les dictatures diaboliques de Mobutu et de ses successeurs, et qui sont tombés sous les balles d’une soldatesque inculte, bestiale et ignare. Ce qui est navrant pour la RDC, est de constater l’absence de leaders politiques ayant une vision cohérente et globale de la société et de la politique, capable d’humaniser un pays où les logiques nécropolitiques, ethno-tribales et corruptrices ont atteint des seuils catastrophiques et déshumanisants. Tous les politiciens veulent juste remplacer Kabila, sans nécessairement nous démontrer de façon convaincante leurs capacités intellectuelles et leur volonté politique et éthique à reconstruire une société démocratique et développée en RDC. Il y a des groupes armés tels que les Maï Maï à l’Est et le groupe des Combattants (qui oeuvrent aussi bien en RDC que dans les diasporas) qui veulent en découdre une bonne fois pour toutes avec le président Kabila durant les élections de novembre 2011. Il y a beaucoup à craindre quant à la répétition du scénario macabre et apocalyptique de la Côte d’Ivoire dans d’autres pays africains en crise et au bord de l’implosion. 

 

3.     Mon dernier exemple porte sur le Cameroun, votre pays. Malgré ses ressources économiques, écologiques et humaines importantes, le Cameroun est parmi les pays les plus corrompus de la planète, mais qui jouit d’un calme social relatif. En effet, depuis l’arrivée au pouvoir de l’autocrate Paul Biya en 1982, il n’y a pas eu de guerres d’envergure (comme celles qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire, au Congo-Brazzaville et en RDC) au Cameroun, excepté des émeutes de la faim (2008) et des émeutes postélectorales lors des fraudes chroniques du président Paul Biya durant les élections. Mais il y a quelques jours, un groupe de 200 musiciens camerounais sont allés à la résidence de Paul Biya à Mvomeka, pour le supplier de se représenter aux élections de novembre 2011. L’ambiance était euphorique avec de la nourriture, de la boisson, un grand gâteau et des danses enflammées en l’honneur de l’autocrate Biya, et de sa femme, qui, soit dit en passant, est une danseuse hors pair de la danse traditionnelle beti, le « Bikutsi ». Les habitudes pathologiques et les impératifs alimentaires de la politique du ventre risquent d’amoindrir sérieusement l’impact des révoltes arabes au Cameroun, car la masse de ceux qui ne pensent qu’à s’alimenter en captant l’argent distribué par les restes de l’État (appelé ironiquement par les Camerounais, la « mangeoire nationale »), est beaucoup plus grande que ceux qui veulent en découdre une bonne fois pour toutes avec le régime corrompu et sanguinaire du président Paul Biya. 

 

Après avoir effectué 3 études de cas, avec 3 pronostics différents, je puis dire que les divisions politiques et la divergence d’intérêts économiques entre les acteurs sociaux et les partis politiques en RDC et au Cameroun, feront que des régimes dictatoriaux pourront facilement perdurer, car ils auront une masse critique de courtisans et de partisans prêts à les encenser moyennant de la nourriture.  N’est-ce pas qu’un proverbe camerounais dit : « la bouche qui mange ne parle pas ». Fin de citation. 

 

Enfin, vous êtes le président du Cerclecad, un centre de recherche basé à Ottawa. Est-ce que vous pouvez informer davantage nos lecteurs sur les activités de ce centre de recherche pluridisciplinaire qui s’intéresse à l’Afrique et sa diaspora? 

 

B.A-    Le centre de Recherches pluridisciplinaires sur les communautés d’Afrique noire et de diasporas (Cerclecad) dont je suis l’actuel président, se veut être un maillon d’un vaste réseau mondial de think tanks (Cercles de réflexion critique et pluridisciplinaire) réfléchissant sur les problèmes concernant les communautés noires d’Afrique et de diaspora.  Bien que situé à Ottawa, nous avons un millier de collaborateurs et d’amis qui vivent en Amérique du Nord, en Afrique, en Europe et aux Antilles, et qui reçoivent régulièrement les informations sur les activités scientifiques mensuelles et annuelles. Les lecteurs peuvent consulter notre site (www.cerclecad.org) pour avoir plus de détails. Parmi ces collaborateurs et collaboratrices, nombreux participent par leurs réflexions dans des discussions que nous menons sur les différents problèmes de l’actualité africaine. D’autres écrivent des articles de réflexion critique dans notre revue annuelle : Afroscopie, revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires.          Notre principale mission consiste à conduire des recherches scientifiques sérieuses, pluridisciplinaires et émancipatrices pour accélérer le processus de reconstruction et de renaissance des communautés noires dans le monde. Nous voulons ainsi être un lieu d’expertises pluridisciplinaires pour informer les autorités politiques du Canada et les médias sur les principaux défis que rencontrent les Afro-canadiens sur le chemin de leur intégration au Canada. Étant convaincus qu’aucune action transformatrice d’envergure ne peut advenir  une société sans une réflexion solide en amont, le Cerclecad organise chaque mois une conférence à l’Université d’Ottawa pour traiter d’une question importante pour les communautés africaines du Canada. Mais chaque année, au mois de décembre, nous organisons un colloque récapitulatif sur un thème englobant. Par exemple, le 18 décembre 2010, nous avons organisé un colloque intitulé : « Le bilan de 50 ans des indépendances politiques africaines et les défis de l’intégration des Africains au Canada. Histoire, Enjeux éthiques et Perspectives d’avenir pour la renaissance africaine ». Cette année, nous organiserons, le samedi 17 décembre 2011, toujours à l’université d’Ottawa, un autre colloque traitant d’un sujet tout aussi névralgique pour les communautés africaines du Canada. Le titre est : « Les communautés noires et l’engagement politique au Canada. Défis, Enjeux et Stratégies pour plus de visibilité dans la société canadienne ». J’ai déjà contacté plusieurs députés fédéraux de la région de la capitale nationale et les ai invités pour qu’ils prennent part à ce colloque annuel sur l’absence des Afro-canadiens dans l’échiquier politique canadien. 

 

         Nous entretenons aussi un partenariat régulier avec les autorités politiques (députés provinciaux, fédéraux et élus municipaux) pour trouver ensemble des stratégies pour une « intégration réussie » des communautés africaines au Canada, qui ont la caractéristique d’accumuler toutes sortes de précarités professionnelles, de pauvretés économiques, de marginalités politiques et de positions sociales subalternes, parmi les différentes minorités dites visibles au Canada, alors qu’il fallait plutôt les désigner comme des « minorités invisibles », car ils le sont effectivement sur l’échiquier politique et les postes de direction dans les entreprises, la fonction publique et les universités.          Je dois signaler enfin notre occupation efficace et constante des médias nationaux (Radio Canada) et internationaux (Radio Canada International) où nous sommes régulièrement invités pour donner nos positions sur des dossiers africains actuels : le cinquantenaire des indépendances politiques en 2010, la déflagration sociale et politique en Côte d’Ivoire, les répercussions des révoltes arabes en Afrique subsaharienne, les ghettos africains dans les grandes villes canadiennes (Toronto. Montréal, Ottawa, Edmonton, etc.), et plus récemment j’ai donné une entrevue à l’émission Tamtam Canada dans Radio Canada International, le vendredi 24 juin 2011, en l’occasion du lancement officiel de mon ouvrage : De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011. (http://www.rcinet.ca/francais/emission/tamtamcanada/accueil/date/24-06-2011/). Le lancement a eu lieu le samedi 25 juin 2011 dans la salle du Sénat de l’Université d’Ottawa dans le cadre de nos conférences scientifiques mensuelles. 

 

         Le Cerclecad est enfin propulsé par un « leadership réticulaire, éthique et intellectuel » qui consiste à collaborer avec un grand nombre de chercheurs et de penseurs dans le monde par-delà les clivages raciaux, idéologiques et culturels. C’est ainsi que nos conférenciers et nos collaborateurs viennent du monde entier et de tous les horizons culturels (Amérique du Nord, Europe, Afrique, Antilles), et cela nous préserve des dangers d’autisme ethnique et d’étroitesse d’esprit, qui ne peuvent conduire qu’au fanatisme, qu’à l’intolérance idéologique et à l’atrophie intellectuelle.

Propos recueillis par Ferdinand Mayega à Montréal (Canada).

 

PULSIONS SEXUELLES IRREPRESSIBLES

Avant hier on a parlé des prêtres pédophiles. Hier on parlait des grands dirigeants internationaux présumés violeurs. Aujourd’hui on parle d’anciens ministres français pédophiles aux frais du contribuable.

Certains ont pensé que les prêtres pédophiles étaient victimes de leur célibat. Que penser alors des hommes mariés qui pratiquent la pédophilie?

Les pulsions sexuelles demeurent un thème non encore élucidé pour le grand public. Il convient que les psychologues et sexologues nous expliquent davantage notre fonctionnement sexuel. Pourquoi certains semblent avoir des pulsions aux apparences irrépressibles?

 Autrefois en Afrique par exemple, les gens ne portaient que des cache-sexe. Il n’y avait presque pas de viol. Chez les nudistes, il y a rarement des viols. Comment expliquer que chez les personnes qui s’habillent bien il y ait autant des déviations sexuelles? Qu’est-ce qui a changé? Que recherchons-nous dans les rapports sexuels? Pourquoi l’abstinence et la maîtrise de soi semblent si difficile? Quelles thérapies pour les personnes en difficulté? Je serai heureux d’avoir vos réactions.

Jean KAZADI KATUMBAY

TEST ADN STRESSANT

 

auteur inconnu

Quand tu fais monter un pouceur ou une pouceuse dans ta voiture, tu peux vraiment être dans le trouble…Et, le trouble est la première cause du STRESS!!!

 Lis en bas et tu comprendras…

  Un monsieur s’arrête pour faire monter une pouceuse dans sa voiture. Elle était belle et jeune!

 Soudainement la demoiselle s’évanouit dans l’auto et le monsieur va à toute vitesse pour la faire admettre à l’hôpital. Ça, c’est du STRESS!

 Mais, à l’hôpital, on annonce qu’elle est enceinte et on félicite le monsieur qui sera bientôt “papa”!

 Le monsieur dit qu’il n’est pas le père et qu’il ne la connaît même pas…Mais, la demoiselle affirme que c’est bien LUI le papa! Alors, le STRESS augmente d’un cran!

 Alors, le monsieur demande un test d’ADN pour prouver qu’il n’est pas le père du bébé.

 Après que le test est complété, le docteur dit que le monsieur est stérile, probablement depuis sa naissance. Alors, il N’EST PAS le père du bébé! Il est, à la fois, envahi par le STRESS mais, soulagé.

 Sur le chemin du retour à la maison, le monsieur se met à penser qu’il a trois enfants… ÇA C’EST DU STRESS, MON AMI!

Lire Françoise Vergès

Françoise Vergès, une grande auteure à lire et faire lire

Politologue, spécialiste de l’esclavage et des sociétés postcoloniales, Docteur en sciences politiques (1995, université de Berkeley),

Dans son dernier essai, “L’Homme prédateur. Ce que nous enseigne l’esclavage sur notre temps”, elle replace la figure de l’esclave au cœur de notre modernité et analyse la capacité de l’esclavage à se réinventer.

Elle nous incite et invite à combattre les nouvelles formes d’esclavagisme, et présente de manière intelligente l’extraordinaire capacité de l’esclavage à s’adapter à travers les âges aux nouvelles exigences qui s’imposent grâce au progrès technologique, social et juridique.  La prédation d’hier perdure toujours à travers les guerres économiques et stratégiques, les asservissements politiques et culturels et bien sûr la fabrication par la violence économique de vies socio-politiques et économiques dépendantes et malléables à besoin.

« Il est temps d’étudier les politiques et les économies de prédation non comme des traces de l’arriération, mais comme des formes régulièrement réinventées, tout à fait compatibles avec l’existence de discours humanitaires et une économie du profit ».

Le combat à mener n’est pas d’ordre moral mais politique.  Une réécriture de l’histoire de l’esclavage et de la traite s’impose pour mieux comprendre comment la modernité a été pensée en Europe et les soubassements de l’économie de prédation qui gouverne le monde jusqu’aujourd’hui.

J’invite chacun  à lire et faire lire Françoise VERGES.

Jean KAZADI

LA COTE D IVOIRE AU CANADA

*Compte rendu de la conférence organisée par le CERCLECAD le 07 mai 2011 sur la crise en Côte d’Ivoire à l’Université d’Ottawa (Canada).

M. Jean Paul MBUYA, professeur à l’université d’Ottawa et vice-président du Cerclecad, a présidé la séance. En ouvrant la conférence, il a tenu à féliciter les conférenciers et les participants pour leur dévouement au Cerclecad et pour leur farouche détermination pour la cause ivoirienne. On avait trois conférenciers :

• Pierre Adjété, économiste-éthicien, membre du Cerclecad.

 • Benoît Awazi, Président du Cerclecad et Écrivain.

• Père Augustin Ramazani, Professeur, Écrivain et membre du Cerclecad. Le premier conférencier à avoir pris la parole était Pierre Adjété.

Selon M. Adjété, l’intervention française dans le cadre des résolutions de l’ONU en Cote d’Ivoire était plus que requise car elle aura permis de rétablir la démocratie en Côte d’Ivoire. La question du principe démocratique s’imposait dans ce conflit; c’est l’angle le plus raisonné pour analyser la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Gbagbo ayant perdu les élections selon les résultats proclamés par le Commission électorale indépendante –seule habilitée à donner les résultats, et non la Conseil constitutionnel qui possède l’autorité de valider ou d’invalider l’ensemble des résultats et non une partie.

Selon Pierre Adjété, la Communauté internationale sous l’égide de l’ONU a obtenu le rôle de validation de cette élection compte tenu de la méfiance élevée qui prévalait entre les protagonistes ivoiriens, pour une élection présidentielle qui était attendue depuis 2005 et à chaque fois reportée. Les actes de cette communauté internationale sont de ce fait légitimes. Et, ils le sont d’autant plus qu’à la tête de la plus grande puissance mondiale, un Africain tout à fait respectable comme Barack Obama a usé de son leadership afin que le choix du peuple ivoirien, l’élection d’Alassane Dramane Ouattara plutôt que celle du président sortant Laurent Koudou Gbagbo, soit respecté sans aucune ambigüité. Alors, M. Adjété pose la question, qui selon lui, sous-tend tous les désordres et la guerre qui ont suivi le lendemain des résultats qui est la suivante : doit-on, au nom d’une improbable crainte de recolonisation, empêcher des interventions « légitimées » d’un pays, ex-colonisateur, ou même de l’Occident en Afrique?

Pour M. Adjété, l’intervention militaire française aux côté des forces de l’ONUCI dont certaines composantes sont africaines participent d’une donnée nouvelle qu’il vaut valoriser : la démocratie doit évoluer en Afrique comme acte éthique, un souci du bien collectif, bien au-delà des seules intentions et déclarations. Pratiquement toutes les institutions africaines, des personnalités africaines aussi respectables que Kofi Annan avaient vainement appelé Laurent Gbagbo à la raison en abandonnant le pouvoir afin de sauvegarder la Côte d’Ivoire d’une guerre postélectorale; mais jamais l’ancien président ivoirien n’avait voulu entendre raison. De ce fait, l’appui du président Obama à Ouattara ou l’intervention des forces françaises, que ce soit sous l’autorité de Nicolas Sarkozy ou des résolutions de l’ONU ne sont que des accompagnements indispensables à l’avènement et à l’expansion de la démocratie en Afrique, un pays à la fois. En conclusion, pour Pierre Adjété, ce n’est pas parce que la même règle n’est pas appliquée partout en Afrique par la communauté internationale que celle-ci ne peut agir en Côte d’Ivoire : au service de la démocratie, l’Afrique a besoin de tous ses partenaires.

Le deuxième intervenant, Benoît Awazi Mbambi Kungua, a d’entrée de jeu analysé la situation chaotique en Côte d’Ivoire en la déclinant en 3 types de crises :

1. Une crise de l’intelligence africaine, 2. une crise de l’imaginaire et de l’idée de l’Afrique et enfin, 3. une crise de la conscience et de la mémoire des Africains.

1. Une crise de l’intelligence africaine : Ce qui se passe en Côte d’Ivoire représente en miniature le double échec de la postcolonie et celui de l’insertion servile de l’Afrique dans les réseaux économiques et médiatiques de la mondialisation néolibérale. Mais au-delà de ce double échec obvie, il s’agit du combat pour l’Afrodiction (Qui dit quoi de l’Afrique aujourd’hui à qui et pour quels intérêts intellectuels, politiques et économiques ?), mais il s’agit aussi du combat pour l’Afrographie (Qui écrit quoi de l’Afrique et pour quelles finalités épistémologiques, économiques et politiques ?). Ce premier combat risque d’être perdu d’avance, par faute de combattants aguerris et déterminés. Il fallait voir comment les partisans de Mr Ouattara célébraient la chute Gbagbo en remerciant la France ou en exhibant des danses licencieuses traditionnelles (Mapouka, Zou Blazzo, etc.). Loin de moi la critique de la danse en Afrique, mais mon inquiétude est de voir, aussi bien en Afrique que dans les diasporas occidentales d’Europe et d’Amérique du Nord, la propension des Africains à privilégier la danse comme mode principal d’expression et d’action sociale, à la faveur de la satisfaction de l’exotisme des nos hôtes occidentaux. Dans l’imaginaire populaire et médiatique ambiant, les Africains sont d’amblée associés aux danses collectives sous les rythmes du tam tam.

2. Une crise de l’imaginaire ou de l’Idée de l’Afrique. Il s’agit de donner au mot Idée son sens philosophique maximal (Eidôs en grec = Archétype, Modèle à imiter pour atteindre une certaine perfection, Idéal…). La crise de l’idée de l’Afrique est tout d’abord une crise de l’image ou du modèle de l’Afrique, et de la pauvreté intellectuelle de moyens ou de stratégies mobilisées pour réaliser, hic et nunc, des sociétés viables et démocratiques en Afrique postcoloniale. La crise de l’Idée se difracte en une double crise : une crise de l’Idéologie et une crise de l’Idéal. Par idéologie, j’entends un faisceau de motivations, de croyances, de valeurs intellectuelles, culturelles, politiques et religieuses qui sous-tendent une action collective ou individuelle en vue d’une transformation profonde d’une société déliquescente. La crise en Afrique doit se comprendre comme une crise d’apathie et d’amnésie qui crée une ambiance de résignation, de défaitisme et de fatalisme devant les nouvelles stratégies d’occupation et d’exploitation des matières premières de l’Afrique pour faire fonctionner le mastodonte néolibéral. Mais cette crise de l’Idée doit aussi se comprendre comme une crise de l’Idéal ou une atrophie de tout Idéal suffisamment haut pour mobiliser les Africains et susciter un processus de « Révolution éthique » dans les esprits et les mentalités des Africains, pour qu’ils se distancient radicalement de toutes les logiques alimentaires de la politique du ventre (L’homo Manducans) et du bas-ventre qui sont à la base de leur défaite collective face aux ambitions mégalomaniaques et hégémoniques des puissances militaires et capitalistes de l’Occident dont les grandes manifestations sont la traite des Noirs, l’esclavage, la colonisation et la reconquête des matières premières des pays africains à travers les réseaux militaires et tentaculaires de la FrançAfrique qui atteint sa vitesse de croisière avec la mégalomanie sarkozyste en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Togo, au Tchad, en Lybie, etc.

3. Une crise de la mémoire et de la conscience :

Il s’agit d’une syncope de la mémoire des tragédies qui ponctuent les quatre derniers siècles de l’histoire de la confrontation entre l’Afrique et les puissances impérialistes et capitalistes de l’Occident. L’amnésie est une stratégie savamment orchestrée qui consiste à rapatrier vers l’inconscient les déboires, les turpitudes et les traîtrises entre Africains qui expliquent, en dernière instance, leur dislocation morale et anthropologique, toutes les fois qu’ils ont eu, en tant que peuples, individus et nations, à se mesurer devant la projection coloniale et néocoloniale de la volonté de puissance de l’Occident dans leurs terres. L’amnésie peut à juste titre être considérée comme un processus d’inhibition des causes endogènes et culturelles de la défaite face à l’Occident, et à ce titre, elle est une pathologie de l’être et de l’esprit, en tant qu’outils perceptifs et interprétatifs du monde et du sens holistique que nous donnons à notre existence éphémère dans le monde, en tant qu’individus et en tant que peuple ou communauté.

Benoît Awazi a poursuivi son exposé en stigmatisant les ambitions militaires et économiques de Nicolas Sarkozy en Afrique et en appelant les Africains à promouvoir un Leadership intellectuel, éthique et réticulaire (se déployant sous forme de réseaux de centres de réflexion critique et d’action (Think Tanks). Parcourons succinctement ces deux derniers points :

I. Les velléités néocolonialistes de la FrançAfrique de Nicolas Sarkozy.

D’entrée de jeu, il faut reconnaître que la France a toujours utilisé la force militaire illimitée pour mater les Africains depuis la traite des Noirs dont elle fut la principale actrice jusqu’à son soutien militaire aux régimes corrompus, sanguinaires et kléptocratiques de Bongo, Eyadema, Biya, Sassou, Obiang Nguema, Idriss Debi, Compaoré, Mobutu, Ouattara… Mais tout de suite, il faut minimiser la puissance de la France en Europe, étant donné son humiliation à plusieurs reprises par l’Allemagne, dont la plus spectaculaire fut sa défaite militaire stupéfiante contre les troupes d’Hitler en juin 1940. Sans la coalition des armées britannique, canadienne, américaine et des soldats africains, la France ne serait aujourd’hui qu’une province de l’Allemagne qui l’a humiliée de 1940 à 1945 en créant une ambassade de France à Paris. Ce qui est ahurissant avec la France, c’est de voir qu’au même moment où les Alliés étaient en train de la libérer du joug hitlérien, la France réprima dans le sang les mouvements indépendantistes au Madagascar, en Algérie, au Cameroun et dans les autres colonies qu’elle (se) soumit.

En plus, en élisant Sarkozy à la présidence de la République, le peuple français s’est choisi un président qui manifeste bien la décadence de sa société. Quand un président qui appelle les jeunes de banlieues (« la racaille ») et quand il se met lui-même à interpeller un jeune qui refusait de lui serrer la main (« Casse-toi, pauvre con »), il devient urgent de s’interroger sur sa propre immoralité. L’immoralité d’un tel « voyou » ressemble curieusement à l’immoralité de la « racaille » qu’il veut extirper de la société française.

Et avec ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, nous nous enfonçons dans une nouvelle ère de recolonisation militaire directe, avec l’installation de marionnettes (Zombies) comme Alassane Ouattara aux commandes d’un pays aux potentialités économiques et humaines énormes dans la région occidentale de l’Afrique subsaharienne. L’auteur ne veut pas nécessairement appuyer Laurent Gbagbo, mais il s’octroie le droit de questionner cette intervention militaire des forces françaises et de l’ONU en Côte d’Ivoire, en ayant en mémoire ce que la même ONU avait fait en République démocratique du Congo avec l’assassinat du premier ministre Patrice Emery Lumumba en 1960. Plusieurs points peuvent être relevés dans ce questionnement critique : 1. Quel est l’organe constitutionnel qui doit proclamer les élections dans un pays souverain comme la Côte d’Ivoire ? Ce n’est certainement pas l’ONU ni la France, mais c’est le Conseil constitutionnel. Pourquoi la communauté internationale n’est-elle pas intervenue en Birmanie, en Syrie, au Zimbabwe ou en Corée du Nord ? Il s’agit d’un précédent qui ouvre une ère de dictatures nègres soutenues militairement par la France. Pourquoi la même France s’est-elle empressée de reconnaître les élections frauduleuses des fils de dictateurs comme Ali Bongo Ondimba et Faure Nyanssigbé ? Pourquoi la même France ferme-t-elle les yeux devant les élections ouvertement frauduleuses de dictateurs sanguinaires comme Blaise Compaoré, Paul Biya, Bozizé, Obiang Nguema et Denis Sassou NGuesso ?

2. La pire des choses qui puisse arriver à un esclave ou à un descendant d’esclave est l’amnésie de sa servitude, car c’est la seule façon de se complaire dans la servilité. En regardant les images de la liesse populaire des partisans de Ouattara dans les médias occidentaux, en voyant les partisans de Ouattara humilier Laurent Gbagbo, sa femme Simone, son fils et sa fille tout ensanglantés, Il y avait de quoi se questionner radicalement sur l’amnésie des Africains et leur propension à se prostituer devant les diktats de la politique du ventre et de l’Homo Manducans. Mais la seule question pertinente à poser aux partisans de Ouattara en liesse est la suivante : « Comment les Noirs et les Africains en général sont-ils traités aujourd’hui dans les banlieues sordides de la société française où ils sont confrontés à longueur de journées au délit de faciès, à la faveur de la crise économique et sociale qui fracture en profondeur la société française aujourd’hui ? Pourquoi, en Afrique noire, les stratégies alimentaires de la politique du ventre (la politique de manducation ou du mâchoironnage, l’Homo manducans) empêche toute introspection critique et lucide sur les tragédies qui scandent les quatre derniers siècles de son histoire, où la catégorie qui subsume sa trajectoire est celle de la dégradation (ou de la détérioration) des conditions de vie matérielle, sociale, sanitaire et politique ?

II0/ Benoît Awazi a enfin appelé les Africains à dépasser leurs clivages idéologiques, religieux et ethno-tribaux et à promouvoir un leadership intellectuel et éthique en constituant des réseaux des think tanks, en vue d’élaborer des actions concrètes pour l’érection d’une « Autre Afrique ». Par-delà les clivages idéologiques et ethnotribaux entre les partisans de Ouattara et de Gbagbo, il convient se mettre en évidence le caractère exemplaire de la crise ivoirienne pour les autres sociétés africaines postcoloniales. Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire risque malheureusement de se reproduire avec rapidité et de façon beaucoup plus sanglante dans les autres pays africains dysfonctionnels, s’il n’y a pas un sursaut éthique et politique collectif, pour repenser une « Autre Afrique » et des États démocratiques dirigés par des leaders dotés de la probité éthique et intellectuelle. Ce leadership de l’intelligence et de l’éthique est la condition de possibilité d’une mutation politique radicale des États africains déliquescents et paralysés à tous points de vue. Pour émerger, ce leadership doit être nourri par des réseaux de réflexion critique et pluridisciplinaire (Think tanks) qui essaient d’arrimer les diasporas à leurs pays respectifs, pour qu’ils élaborent un nouveau cadre intellectuel et éthique, à l’intérieur duquel la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la kléptocratie, le sens du respect inconditionnel du Bien public, la justice distributive et réparatrice, et la responsabilité (imputabilité) des dirigeants face à leurs peuples, constituent le socle à partir duquel se dérouleront les cinquante prochaines années des pays africains. L’observation de l’actualité risque plutôt de nourrir et de réactiver l’afro-pessimisme du monde quant aux capacités politiques et intellectuelles des Africains à s’intégrer dans la mondialisation, en tant que sujets, auteurs et acteurs de leur destinée.

III0/Le troisième conférencier, M. Augustin Ramazani Bishwende, pose d’emblée la question de l’après crise. Il se demande si une nouvelle CI est possible. La CI pour Mr Ramazani est victime de deux crises : la crise de la mondialisation néolibérale et la crise du repli identitaire. Et le conférencier pose la narrativité comme thérapie pouvant permettre de régler à la fois les crises meurtrières générées par le Néo libéralisme et les problèmes identitaires. Pour Ramazani, la CI serait face à un destin tragique entre l’Ivoirité et la françafrique. Ouattara et Gbagbo, deux personnages controversés dans l’histoire de la CI, ce qui amène à poser une autre question : Ouattara, candidat soupçonné d’être au service de l’Occident va-t-il réellement travailler pour les Ivoiriens ? Avec Ouattara une nouvelle CI est-elle possible reconstruite sur une éthique politique de réconciliation ? Dans tous les cas, Ramazani propose trois solutions :

1. La thérapie narrative. 2. La mémoire et 3. La réconciliation

Pensées et repensées en dehors de tout manichéisme politique cristallisé autour de deux personnages farouchement opposés, Gbagbo et Ouattara, autour de deux idéologies politiques controversées tout aussi néfastes et meurtrières pour l’avenir de la CI, la françafrique et l’Ivoirité.

Comment réconcilier les faits ? À la suite de ces trois exposés, les participants ont pu défendre leurs idées et débattre à bâton rompu de l’intervention armée de la France en Côte d’Ivoire.

La tendance était globalement en désaccord avec l’intervention française. Il y a eu deux positions irréconciliables. D’une part, l’assistance a condamné les agissements de la France qui relèveraient de l’impérialisme. À la question de savoir si la France était habileté à intervenir, le consensus a été frappant. La majorité des participants ont exprimé leur désaccord formel et ont jugé que cette intervention violait la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Et des questions sont revenues à plusieurs reprises. On se demandait si les faits rapportés par les medias occidentaux, notamment français, étaient objectifs ou suffisants pour juger de la crise en CI. D’autres se sont demandé si l’on doit s’arrêter aux faits car au delà des faits, il y a une histoire et des non-dits. La question de la conscience historique, de la religion, des différentes guerres qui sont en cours sur le continent et dont personne ne parle. Bref, c’était le temps de la réflexion et des recherches de solutions applicables pour le continent africain.

L’autre position qui semblait un peu distante et unique est celle qui veut que la France continue à garantir la « démocratie » en Afrique. France, qui a été le colonisateur de plusieurs pays du continent et qui détient les plus grands marchés de compagnies pétrolières, minières, énergétiques sur le continent. La France qui a toujours eu des rapports de maître et d’élève (esclave) face à ses colonisés… La France cauchemar et problème de l’Afrique et des Africains disent certains observateurs. Mais en dépit de tout cela, une minorité d’Africains pensent que cette France est encore légitime.

Bref, cinquante ans après les indépendances peut-on dire qu’il y a eu de réelles avancées? Le problème du continent noir relèverait-il réellement de l’impérialisme, des guerres, du sous-développement? Où va l’Afrique? Les Africains sont-ils conscients que le temps joue en leur défaveur? Sont-ils conscients des guerres impérialistes? Sont-ils connectés à l’histoire et au temps? Enfin comment le CERCLECAD, un centre pluridisciplinaire pourra-t-il aider concrètement à concilier la théorie avec la pratique pour impacter le continent ? C’est dans cette dynamique de responsabilisation, de conscientisation et de formation pluridisciplinaire des Africains, que le Cerclecad entend apporter sa contribution dans le grand chantier de la démocratisation et du développement holistique de l’Afrique.

ARRESTATION DE DSK EN AFRIQUE

DSK : ET SI C’ETAIT DES POLICIERS AFRICAINS QUI L’ARRETAIENT 

Dominique Strauss-Kahn, directeur Général du Fonds Monétaire International, se fait arrêter, menotter, humilier, par des policiers New Yorkais à la suite d’une affaire d’agression sexuelle. Le monde entier est choqué par les images de ce présidentiable français. Mais bizarrement, aucun journaliste français n’ose dire le président Barack OBAMA devait intervenir pour régler ce problème diplomatiquement.

Personne n’ose condamner la Justice américaine.  Personne n’ose dire que DSK serait détenteur d’une immunité diplomatique.  Personne n’ose en faire un incident diplomatique entre deux pays, ou entre un pays et une Institution Internationale.  Chacun accepte qu’il faut laisser la justice faire son travail en évoquant bien sûr la présomption d’innocence.

 J’ai tendance à croire que si ces faits se passaient en Afrique, les MEDIAS OCCIDENTAUX allaient traiter différemment la même information. Je me rappelle de la descente musclée de Sarkozy au Tchad pour libérer de force les français coupables. Est-ce que le même Sarkozy se permettrait aujourd’hui de se rendre aux Etats Unis pour négocier directement avec OBAMA de la libération de DSK ? Dites moi, sans passion, votre avis.

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